Nicolas Hayek critique vertement l'omniprésence de la «corporate governance» (gouvernance d'entreprise).

«La Bourse s'est mutée en producteur de normes en série qui bloquent le développement des entreprises». Le patron de Swatch ne s'étonne pas si «plus personne ne veut devenir entrepreneur. Son image est tellement massacrée». Or les scandales sont américains et touchent un très petit nombre de sociétés.

Il estime absurde les règles de composition du conseil d'administration et la présence d'administrateurs indépendants: «Je sais que je n'ose pas dépasser 120 km/h sur l'autoroute. Mais on m'oblige à avoir un expert dans la voiture qui le contrôle. Je sais aussi que je n'ose pas boire d'alcool, mais un deuxième expert doit le vérifier. Je sais que les enfants doivent être correctement attachés. Mais un troisième expert, une éducatrice cette fois, doit s'en assurer […]». «Ainsi on tue la croissance».

Les administrateurs doivent être d'authentiques entrepreneurs et «non des types qui se promènent un verre de champagne à la main». Il s'en prend à Ethos, «dont le nom est trompeur», un fonds qui dispose de 0,003% des actions Swatch, qui critique le manque d'indépendance de trois administrateurs. Il exprime son «aversion pour ce groupe de pharisiens de la haute finance», «juges autodéclarés». Il explique que personne ne sait exactement ce qu'est un administrateur neutre. Neutre par rapport à l'entreprise? Est-ce qu'un administrateur doit être indifférent au groupe qui l'engage? Ce serait catastrophique. L'entreprise n'est ni un gouvernement, ni un parlement. Elle n'a pas besoin d'une opposition. Swissair, composé de trop de membres indépendants, devrait servir de leçons, accuse-t-il.