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Le projet voté par le gouvernement allemand prévoit de mettre fin aux subventions systématiques par kilowatt-heure de courant vert, au profit d'un modèle d'appel d'offres, ainsi que de plafonner les installations de nouvelles éoliennes et panneaux...
© PATRIK STOLLARZ

Energie

Le gouvernement allemand freine les énergies renouvelables

Le gouvernement allemand va limiter l'expansion de l'éolien, afin de diminuer les coûts liés à la sortie du nucléaire. La décision pourrait avoir un impact sur la Suisse, où les producteurs souffrent des prix très bas de l'électricité

Le gouvernement allemand a adopté mercredi 8 juin un projet de loi visant à brider l'expansion des énergies renouvelables, pour limiter les coûts de la transition énergétique. La décision pourrait avoir un impact européen: la politique allemande de subvention aux énergies renouvelables a fait s'effondrer le prix de l'électricité sur l'ensemble du continent ces dernières années.

La Suisse est particulièrement touchée par ce phénomène. L'électricité produite par ses barrages est devenue trop chère, poussant les producteurs hydroélectriques suisses au bord de la faillite.

Le projet de réforme de la politique allemande, fruit de négociations ardues notamment avec les Etats régionaux, suscite le courroux du secteur des renouvelables et des associations de protection de l'environnement. Il prévoit de mettre fin aux subventions systématiques par kilowatt-heure de courant vert, au profit d'un modèle d'appel d'offres, et de plafonner les installations de nouvelles éoliennes et panneaux solaires. Le ministre de l'Economie et de l'Energie Sigmar Gabriel a qualifié la réforme d'«une des plus importantes» du gouvernement de coalition d'Angela Merkel.

Sortie du nucléaire d'ici 2022

Dans le cadre de sa transition énergétique, l'Allemagne va tourner le dos complètement au nucléaire d'ici 2022 et veut s'approvisionner en électricité à 80% d'origine verte à l'horizon 2050. Pour ce faire, les énergies renouvelables sont subventionnées depuis le début des années 2000 et les éoliennes et panneaux solaires ont fleuri partout dans le pays. 

Le transport du courant produit par les éoliennes installées dans le nord vers l'ouest et le sud, plus peuplés et plus industrialisés, a du mal à suivre. Pour laisser le temps aux opérateurs de réseaux de construire de nouvelles lignes, Berlin veut limiter la part des renouvelables à 45% à l'horizon 2025. Elle était déjà à un tiers l'an dernier.

La réforme met également fin aux subventions systématiques par kilowatt-heure. Des appels d'offres seront organisés à partir de l'an prochain: pour la construction d'un parc éolien d'une capacité donnée à un emplacement donné, la proposition économiquement la plus viable sera retenue. Le gouvernement espère ainsi faire baisser les prix pour le consommateur. Les industriels notamment font pression en ce sens.

Presque pas de baisse en CO2

Mais en suivant cette voie, «l'Allemagne va manquer ses objectifs de protection du climat», prévient Niklas Schinerl, de Greenpeace. A cause entre autres du poids toujours prépondérant du charbon, l'Allemagne a du mal à faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le lignite et la houille représentent plus de 40% de la production d'électricité. En porte-à-faux à cause des emplois qui dépendent du secteur du charbon, encore exploité dans deux régions du pays, le gouvernement a garanti le recours à celui-ci pour les années à venir. 

Le projet de loi adopté en conseil des ministres mercredi doit encore passer devant les députés du Bundestag.

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