L'organisation du Conseil fédéral pour suivre la crise est elle aussi tenue secrète. Chaque fois qu'on interroge le gouvernement ou le Département fédéral des finances (DFF), la réponse est toujours aussi lapidaire: «Il y a une coopération proche, aux niveaux politique et opérationnel, entre le DFF, la Commission fédérale des banques et la BNS. Il en est ainsi depuis des mois. L'accessibilité des personnes impliquées est assurée», répondait vendredi Tanja Kocher, cheffe de communication du DFF, à une énième requête du Temps.

Sur le plan politique, tout est cependant entre les mains d'une cellule conduite par l'expérimenté directeur de l'Administration fédérale des finances, Peter Siegenthaler. Eveline Widmer-Schlumpf, qui supplée Hans-Rudolf Merz, convalescent, et s'entretient avec lui par téléphone, a clairement séparé ce travail de son activité de cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP). Elle gère la crise financière avec les gens du DFF et non avec ses collaborateurs du DFJP. Et c'est elle qui, avec Peter Siegenthaler, pilote les contacts avec la CFB et la BNS.

Croissance à la baisse?

Doris Leuthard et le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) sont étroitement associés aux opérations. La tâche du Seco consiste à projeter les effets de la crise sur l'économie dite réelle. Interrogée jeudi par la Radio alémanique, Doris Leuthard expliquait que les perspectives de croissance restaient fixées à 1,3% pour l'an prochain. Elle n'excluait cependant pas que l'extension de la crise à l'Europe, partenaire commercial privilégié de la Suisse, pousse le Seco à abaisser ces perspectives, par exemple à 1%.

C'est Doris Leuthard qui représente le Conseil fédéral à l'assemblée des institutions de Bretton Woods, ce week-end à Washington, où elle pourra procéder à différents échanges de vues. Eveline Widmer-Schlumpf a jugé plus utile de rester en Suisse. Elle fera le point de la situation à l'occasion de la réunion de la Commission économique du National, lundi, et de la prochaine séance du Conseil fédéral, mercredi.