TESSIN

Le gouvernement tessinois veut introduire un salaire minimum

Le Conseil d'Etat tessinois a présenté aujourd'hui un projet de loi sur un salaire minimum cantonal faisant suite à une initiative populaire des Verts approuvée en 2015. Le gouvernement est divisé 

Le ministre tessinois des finances et de l’économie Christian Vitta (PLR) a présenté mercredi le projet de loi sur un salaire minimum cantonal, qui sera différencié par branche. Il devrait se situer entre 3372 et 3462 francs, ce qui correspond a un salaire horaire en dessous de 20 francs. Les Verts et la gauche rejettent le projet.

Le message devrait être approuvé par le Parlement dès que possible. Des discussions sont préprogrammées.

La décision du Conseil d’Etat fait suite à une initiative populaire cantonale des Verts approuvée par le peuple en 2015. Ainsi, des secteurs individuels peuvent négocier un salaire minimum si aucune convention collective de travail (CCT) n’existe. Le PS, les milieux proches des syndicats et une partie de la Lega avaient soutenu l’initiative. Des critiques étaient venues du PLR et de l’UDC.

Les Verts envisagent un référendum

Mais les Verts ne sont aucunement satisfaits de la proposition gouvernementale. «Les chiffres publiés par le Conseil d’Etat s’écartent totalement du but du salaire minimum social, qui est de permettre aux citoyens de vivre sans recourir à l’aide sociale», ont-ils dénoncé mercredi dans une prise de position.

«Ainsi, le gouvernement n’a pas proposé de solution concrète pour freiner la pauvreté au Tessin – canton dont le taux de pauvreté est le plus élevé de Suisse», rappelle le parti. «Si les chiffres ne permettent pas de vivre dignement, il y aura référendum», a-t-il averti.

Divergences au sein du gouvernement

Le PS partage l’avis des Verts. Selon le parti, le montant établi par le gouvernement n’est pas suffisant. Le Mouvement pour le socialisme (MPS) tessinois parle, lui, de proposition «inacceptable».

Par ailleurs, le président du Conseil d’Etat Manuele Bertoli (PS) n’étant pas d’accord avec le montant des contributions, il a été représenté à la conférence de presse par le vice-président du gouvernement, Claudio Zali (Lega).

Neuchâtel précurseur

Neuchâtel est le premier canton de Suisse à introduire un salaire minimum. Le Conseil d’Etat neuchâtelois a adopté le 26 octobre la version définitive du règlement d’application à l’issue de la consultation menée auprès des partenaires sociaux.

Il fera un premier point de la situation à la mi-2018 pour voir si des adaptations sont nécessaires. Le montant pour 2018 sera de 19,78 francs de l’heure. Il est basé sur l’évolution de l’indice des prix à la consommation entre août 2014 et août 2017.

Référendum au Jura

Après Neuchâtel, le canton du Jura pourrait à son tour se doter d’une loi allant dans le même sens. Le 25 octobre, le Parlement jurassien a accepté le texte sans opposition en 1re lecture. Le montant retenu a été fixé à 19,25 francs de l’heure.

«Il correspond après déduction des cotisations aux assurances sociales obligatoires, au montant mensuel couvrant les besoins vitaux au sens de la législation fédérale sur les prestations complémentaires à l’AVS et l’AI pour une personne adulte vivant seule», avait souligné le ministre Jacques Gerber.

Les députés ont demandé que le texte soit soumis au référendum obligatoire. La loi doit encore passer en deuxième lecture.

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