Quelques start-up, issues de l’Idiap, sont hébergées dans son incubateur de Martigny. Parmi elles, KeyLemon. Cette dernière vient d’être sélectionnée par la société et revue américaine Red Herring, un spécialiste des média­s en haute technologie, comme l’une des 100 start-up les plus prometteuses au monde. Il s’agit d’ailleurs de la seule société en Suisse romande à avoir décroché le titre de «Global 100 Winners». En quoi KeyLemon a-t-elle convaincu Red Herring? Grâce à sa technologie innovante et le potentiel de marché dans lequel elle est active, celui de la reconnaissance faciale.

Fondée en 2008, la société commercialise un algorithme de reconnaissance faciale développé à l’Idiap par Pascal Reuse et Pascal Plancherel. Celui-ci permet de démarrer une session de son ordinateur sans avoir à entrer un mode de passe. Il suffit de se mettre devant son PC équipé d’une webcam. Le visage de l’utilisateur fait office de «login» et permet d’ouvrir une session Windows ou de désactiver un économiseur d’écran.

KeyLemon a adapté ce logiciel aux différents systèmes d’exploitation existants ainsi qu’aux différentes marques de webcam disponibles sur le marché. «Un travail qui a été très compliqué», souligne Gilles Florey, directeur et cofondateur de l’entreprise.

KeyLemon commercialise son logiciel via son site internet au prix d’environ 20 francs. «Nous enregistrons entre 2500 et 3000 téléchargements par semaine. Ces opérations de test ne débouchent pas toutes sur un achat de notre logiciel», souligne Gilles Florey, qui préfère ne pas donner de chiffres plus précis. Nous ne visons pas le marché de la haute sécurité ou celui des entreprises mais M. et Mme Tout-le-monde.»

Nouvelle version

D’ici quelques semaines, grâce à son partenaire américain download.com, une nouvelle version du logiciel sera disponible. Il pourra être téléchargé sur le site www.download.com et permettra l’accès à des sites internet sécurisés via son visage. «Il ne sera plus nécessaire de retenir des multiples mots de passe lorsqu’il s’agit par exemple de se connecter à un réseau social», explique Gilles Florey.

La start-up, qui réalise actuellement une levée de fonds, vise également le marché de la téléphonie mobile. Un prototype fonctionne déjà à l’Idiap. Toutefois, il faudra encore patienter environ deux ans avant de le voir sur le marché. «Les téléphones portables devront être équipés de deux caméras et posséder des capacités supérieures pour supporter une telle application», note le directeur de l’entreprise.

Capture de mouvements

Autre exemple de start-up hébergées dans l’incubateur de l’Idiap: Moka Studio. La société propose des services d’animation en trois dimensions: réalisation d’effets spéciaux, mise en scène d’objets imaginaires ou animation de personnages de synthèse. La start-up utilise notamment un système de capture de mouvements optique. Pour sa part, Cinetis est active dans la numérisation de films super-8 et 16 mm.

Enfin, il faut encore citer l’exemple de Klewel. La jeune entreprise a développé des solutions pour capturer, archiver et rechercher des informations contenues dans des enregistrements numériques multimédias lors de présentations ou de conférences.

Concrètement, lors d’un événement, la vidéo, le son et tous les éléments écrits (slides) sont filmés, enregistrés et archivés. Un logiciel scanne chaque image projetée issue des différentes présentations et en extrait les mots. Un serveur web indexe ces données et les diffuse à la demande, tel un moteur de recherche. La société travaille avec des centres de congrès et des organisateurs de conférences. «Nous enregistrons une cinquantaine de conférences chaque année», souligne Maël Guillemot, directeur de la société. Klewel va désormais plus loin. Dans le cadre d’un projet européen, la société finalise un outil de reconnaissance de la parole. Celui-ci permettra de retrouver la séquence vidéo d’une présentation en fonction des mots prononcés par le conférencier.