En 2002, la banque qui s'appelait encore HSBC Republic avait obtenu que les activités de banque privée du groupe HSBC en Asie lui soient directement rattachées. Trois ans plus tard, ses bureaux de Hongkong et de Singapour ont contribué pour moitié aux 10,5 milliards de francs d'afflux net d'argent frais de la banque désormais nommée HSBC Private Bank (Suisse), a indiqué mercredi Peter Braunwalder, directeur général de l'institution lors de la conférence de presse portant sur les résultats annuels à Genève.

Globalement, 43 des 103 milliards de francs gérés par la banque proviennent des deux succursales asiatiques. Elles sont devenues le poumon de la banque. Dans ses autres succursales, notamment à Zurich et Lugano et au siège de Genève, la clientèle la plus dynamique est venue de Turquie, de Grèce, du Moyen-Orient et d'Amérique latine. «Les pays de l'Est ne semblent pas très actifs», a noté Peter Braunwalder.

Malgré des marchés financiers porteurs en 2004, la progression de la masse sous gestion est inférieure à l'afflux net de capitaux frais. Autrement dit, les portefeuilles des clients ont subi des moins-values. «Nous présentons nos résultats en francs, mais la plupart de nos clients comptent en dollars, explique le directeur financier Leigh Robertson. Dans cette devise, les portefeuilles progressent.»

En faisant abstraction d'un effet de change évalué à 7,6 milliards de francs, des plus-values et intérêts de 6 milliards apparaissent. La performance moyenne de la clientèle aurait donc été de l'ordre de 6%. «Pour comprendre ce chiffre, il faut garder à l'esprit que les clients ont près de la moitié de leurs avoirs en liquidités, précise Gabriel Perahia, responsable des fonds de placement. C'est un héritage de l'ancienne Republic National Bank qui était essentiellement une banque de dépôt.» Celle-ci a été rachetée par HSBC en 1999. «Nous nous employons à convaincre cette clientèle d'augmenter son exposition aux actions et à la gestion alternative, poursuit Gabriel Perahia. C'est un important gisement de croissance.»

L'exploitation de synergies avec le reste du groupe est un autre chantier de long terme. Il a peu progressé, mais Leigh Robertson ne perd pas espoir: «Nous sommes en train de mettre en place un nouveau système informatique qui permet de rétribuer le responsable d'agence de Buenos Aires ou de Dallas lorsqu'il nous réfère un nouveau client.» Ces apports sont pour le moment négligeables.

Peter Braunwalder a qualifié les résultats annuels d'«extrêmement satisfaisants». A 59%, le niveau du ratio revenu/coût, un indicateur de rentabilité, est honorable, mais reste en deçà de l'objectif de 55%. «Il baisse, nous sommes dans la bonne direction», a déclaré Peter Braunwalder. «Nous sommes probablement le plus grand acteur purement de banque privée en Suisse», affirme-t-il. En incluant HSBC Guyerzeller, l'autre filiale de banque privée de HSBC à Genève, il revendique 124 milliards de fonds gérés.

HSBC Guyerzeller défend farouchement son indépendance malgré un ratio revenu/coût élevé de 67%. Le rapprochement de certaines fonctions est toutefois à l'ordre du jour. «Nous étudions la mise en commun dans les domaines de l'informatique et de la compliance», déclare Leigh Robertson. Par ailleurs, HSBC Guyerzeller est encouragé à faire un plus grand usage des fonds de placement produits par HSBC Private Bank (Suisse).