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Des graines d’entrepreneurs au Collège Champittet

Pour développer un esprit d’entrepreneur, autant l’éveiller tôt. Le collège de Champittet à Pully lance des ateliers extrascolaires dont l’objectif est d’insuffler les valeurs d’innovation à la jeune génération

Des graines d’entrepreneurs au Collège Champittet

Education Pour développer un esprit d’entrepreneur, autant l’éveiller tôt

Le campus de Pully (VD) lance des ateliers extrascolaires dont le but est d’insuffler les valeurs d’innovationà la jeune génération

«Nul n’est programmé génétiquement pour devenir entrepreneur, on ne naît pas entrepreneur. L’entrepreneuriat est un mode de comportement, c’est une attitude qui peut-être encouragée, favorisée, contrariée, soit, mais on peut apprendre à modifier son comportement et on peut y arriver.»

Ces propos tenus par le psychanalyste Kets de Vries et le professeur Howard Stevenson rappellent une vérité souvent oubliée: l’entrepreneuriat est une discipline et comme toutes les disciplines, elle peut être enseignée.

Partant de ce constat, le Collège Champittet à Pully (VD) s’est donné pour mission d’éveiller l’esprit d’entreprendre chez les jeunes de 12 à 18 ans en leur offrant l’opportunité de suivre les ateliers «graines d’entrepreneurs» tout au long de l’année. «Comme dans l’agriculture, si on veut avoir des plantes en forme, il faut bien s’occuper du sol», explique Nadine Reichenthal, professeure d’entrepreneuriat chargée d’animer les ateliers.

Tous les lundis après les cours, les élèves auront la possibilité de troquer leur habit de collégiens pour celui de mini-entrepreneurs. Les ateliers démarreront par une phase de brainstorming lors de laquelle les élèves seront invités à coucher leurs idées sur papier. «Celles-ci peuvent être de tout ordre, précise Laurence Halifi, cofondatrice des ateliers, mère d’élèves et serial entrepreneuse. Il peut s’agir d’un nouveau jeu vidéo, de l’édition d’un livre de science-fiction ou encore d’une app pour faire ses devoirs.» Aucune limite ne sera fixée à la créativité des élèves.

Une fois les idées identifiées, ceux-ci devront cependant évaluer la faisabilité et la viabilité économique de leur projet. «L’élève qui souhaite construire une roue carrée, par exemple, devra s’interroger sur l’utilité d’un tel objet pour les consommateurs de roues», souligne Nadine Reichenthal.

A l’issue de la phase de brassage d’idées, les mini-entrepreneurs travailleront à la conception des projets sélectionnés par un vote.

Comment passeront-ils de l’idée à la réalité, de la vision à la mise en œuvre? «Des entrepreneurs aguerris, des gourous du marketing, mais aussi et surtout les professeurs accompagneront les élèves à travers les différents stades du développement de leurs idées, depuis l’identification du besoin que la collectivité pourrait avoir de leur produit ou service jusqu’à l’acquisition des ressources, en passant par la mise sur le marché du produit. Ils seront également coachés pour l’élaboration d’un business plan», commente Laurence Halifi. Et d’ajouter: «Le but premier de nos ateliers pratiques est de faire le lien entre les notions théoriques apprises en cours et la vraie vie. Trop d’élèves s’ennuient et décrochent en classe car ils ne comprennent pas l’utilité des matières académiques enseignées. Les mathématiques cessent pourtant d’être rébarbatives le jour où l’on comprend qu’elles peuvent servir à gérer un budget ou à construire un pont, pour ne citer que ces exemples. Des études américaines montrent par ailleurs que les enfants qui suivent des cours d’entrepreneuriat à l’école sont 35% de plus à s’engager dans des études supérieures que les enfants qui n’en ont pas suivi.»

Pour présenter la notion d’esprit d’entreprise et initier les enfants aux questions économiques, les animateurs auront recours à une vaste gamme d’outils. Des émissions pédagogiques, des dessins animés ou des bandes dessinées sur des cas d’entreprises seront diffusés et serviront de point de départ à des débats et discussions.

Les enfants utiliseront également le «Value Proposition Canvas» et le «Business Model Canvas», deux outils éprouvés, développés à l’UNIL et répondant aux besoins de chaque phase du développement d’une entreprise.

Le premier outil se concentre sur deux éléments spécifiques: la création de valeur et le profil du client. «L’idée est de se centrer sur le client et d’inclure sa perspective lors de la définition du produit ou du service», précise Nadine Reichenthal. Par exemple, est-ce que le produit exauce les rêves des consommateurs? Est-ce qu’il leur facilite la vie? Répond-il à un besoin?

Le second outil, quant à lui, permet de représenter en une page, au travers d’un canevas de neuf blocs, l’ensemble d’un modèle d’affaires telle que la cible, l’offre, les canaux de distribution, les revenus, ou encore les partenaires. Autrement dit, «c’est une visualisation concrète des relations entre les quoi, à qui, comment, ou encore combien», indique Nadine Reichenthal. Les élèves apprendront ainsi à jeter sur leurs canevas leurs idées dans un esprit ludique. Certains y colleront des post-it, d’autres dessineront, d’autres encore agraferont des notes ou ratureront. Ils passeront ainsi aisément de l’idée à l’action.

Une nouvelle génération d’entrepreneurs va-t-elle venir grossir les rangs de ceux déjà existants dans les années à venir? «Toutes les graines ne vont pas germer, analyse Nadine Reichenthal. Mais nos élèves auront acquis quoi qu’il advienne l’esprit d’entreprendre, une meilleure connaissance du monde socio-économique, une capacité à convaincre et à communiquer et sauront élaborer et structurer n’importe quel type de projet, des connaissances essentielles dans le monde professionnel.» Sans oublier le fait que ces ateliers, parce qu’ils stimuleront la créativité et jetteront des passerelles entre l’école et le monde du travail, encourageront l’indépendance de pensée et l’esprit d’initiative.

Avis donc aux aspirants entrepreneurs. Le Collège Champittet ouvrira ses portes à tous les enfants et adolescents désireux de découvrir l’univers de l’entrepreneuriat le 26 septembre. Cette journée baptisée «Junior Start-up Day» sera l’occasion de goûter au programme «graines d’entrepreneurs» avant de s’enrôler dans l’atelier pour le reste de l’année. Les inscriptions quant à elles sont ouvertes jusqu’au 28 septembre sur www.grainesentrepreneurs.ch.

L’établissement privé ouvrira ses portes le 26 septembre à l’occasion de la journée «Junior Start-up Day»

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