Télécoms

Le Grand Conseil valaisan refuse un moratoire des Verts sur la 5G

Les écologistes valaisans demandaient d’attendre les conclusions du rapport de l’Office fédéral de l’environnement sur la 5G avant d’autoriser la construction de nouvelles antennes. Malgré des soutiens, leur moratoire a été largement rejeté

Le Grand Conseil valaisan a refusé mercredi le moratoire proposé par les Verts sur la technologie de communication mobile 5G. Au vote, les écologistes ont été largement battus, malgré le soutien du PS et de certains élus PDC (38 oui, 83 non, 4 abstentions).

Concrètement, les écologistes voulaient instaurer un gel des autorisations de construire pour ces antennes, au minimum jusqu’à ce que le rapport de l’Office fédéral de l’environnement (l’OFEV), attendu pour la fin de l’année, soit rendu public. Celui-ci doit analyser les risques sanitaires de cette technologie. Il doit également fixer les valeurs limites à adopter en tenant compte du principe de précaution.

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«Nous demandons également que des études scientifiques indépendantes de l’industrie, portant non seulement sur les effets thermiques, mais aussi sur les effets biologiques des rayonnements induits par cette technologie, démontrent clairement leur non-nocivité pour l’être humain et pour la faune», ont souligné les tenants du moratoire. Ces députés craignent surtout la montée en flèche du nombre de personnes atteintes du syndrome d’électro-hypersensibilité (EHS), voire de maladies, tels des cancers.

Pas de compétence cantonale

«La 5G ne crée pas plus de danger que la 4G, puisque ce sont les mêmes fréquences qui sont utilisées», a indiqué Jérôme Desmeules (UDC). «Nous, nous craignons à terme une hausse de ces ondes», a déclaré Jérôme Fournier (Verts).

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Pour David Crettenand (PLR), «la question n’a pas lieu d’être réglée au niveau cantonal, mais fédéral». «Ce postulat, c’est de la politique jusqu’au-boutiste», a ajouté Boris Bonnard (PDC). Le plénum a défendu son point de vue.

Initiative fédérale

La 5G s’est inscrite à l’ordre du jour de tous les législatifs romands depuis ce printemps. Tout à tour, les cantons de Genève et de Vaud ont décrété un moratoire dans l’attente des conclusions du rapport de la Confédération sur le sujet. Le canton du Jura en a fait de même cet automne.

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Fribourg a décidé de soumettre l’implantation d’antennes à l’octroi d’un permis de construire. L’idée a été reprise par les députés neuchâtelois, qui ont approuvé début novembre une recommandation allant en ce sens.

A l’échelle nationale, une pétition réclamant un moratoire sur le développement de la 5G a été remise le 18 octobre au Département fédéral de l’environnement et de la communication. Près de 40 000 personnes ont signé le texte.

Des opposants à la 5G ont lancé une initiative populaire quatre jours plus tard. Le texte demande notamment que les valeurs limites, fixées par l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant, ne soient pas relevées, pas même en raison de nouvelles méthodes de mesure. La desserte en téléphonie mobile et Internet devrait être séparée entre espace extérieur et intérieur.

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