«Hier s’est déroulée l’assemblée des 125 ans d’existence de la maison Sprüngli (et depuis 1899 Lindt et Sprüngli, à Zurich-Kilch­berg) sous la devise: «Offrir de la joie depuis 125 ans.» A cette occasion la société Lindt et Sprüngli a édité un livre fort luxueux retraçant l’histoire de l’entreprise.

La fabrication de chocolat a été introduite en 1845 à Zurich par Rodolphe Sprüngli-Ammann dans la confiserie de son père à la Marktgasse. Cette production a eu un tel succès qu’elle a dû être transférée dans un immeuble plus grand à Horgen. Elle s’y est tant développée que Sprüngli a été obligée de la réimplanter à Zurich, à la Werdmühle. Parallèlement à la fabrication de chocolat, la confiserie continuait à se développer et en 1859, Rodolphe Sprüngli pouvait acquérir l’immeuble de la Paradeplatz où il installait, outre une confiserie avec un magasin, un salon de thé et café – le premier tea-room zurichois.

A l’âge de 76 ans, en 1892, M. Rodolphe Sprüngli-Ammann procédait au partage de ses affaires entre ses deux fils. Jean-Rodolphe Sprüngli-Schifferli reprenait la fabrique de chocolat de la Werdmühle, tandis que son frère David-Robert Sprüngli-Baud s’occupait des confiseries de la Marktgasse et de la Paradeplatz. La séparation juridique entre les deux entreprises s’est maintenue et elles sont toujours gérées par les membres de la famille.

La fabrique de chocolat se développait fort avantageusement et l’emplacement de la Werdmühle se révélait bientôt trop petit. Une nouvelle fabrique s’imposait mais pour laquelle les moyens financiers ne suffisaient plus. C’est en juin 1898 qu’il fut alors créé une société anonyme avec un capital-actions de 1,5 million de francs, réparti aussi en dehors de la famille. Sprüngli en devenait néanmoins le président du conseil et de la direction. C’est aussi sous sa conduite que la nouvelle fabrique fut construite à Kilchberg et fut mise en marche tout au début de ce siècle. Peu avant, Sprüngli eut l’occasion d’acquérir la fabrique de Rodolphe Lindt à Berne pour une somme de 1,5 million de francs et par là le secret de fabrication fondant sa renommée et recherché par toutes les fabriques de chocolats. De plus, Lindt avait développé la première machine «Conche» qui dès lors servait la nouvelle société Lindt et Sprüngli. La nouvelle activité se développait fort bien mais ne pouvait éviter les diverses crises économiques qui l’obligèrent à réduire son capital-actions en 1932.

Cet assainissement a permis à la société de remonter la pente rapidement. Le capital fut par la suite réaugmenté. Il est actuellement de 8 millions de francs, dont seulement 6 millions sont libérés.

Lindt et Sprüngli est la deuxième plus grande fabrique de chocolat en Suisse. Elle occupe 1000 employés seulement. En 1961 la société a repris Chocolat Grison S. A. à Coire. Lindt et Sprüngli est représenté en RFA, en France, en Grande-Bretagne, en Italie, au Danemark et aux Pays-Bas.

Ajoutons encore la collaboration avec Nago S. A., Olten, pour la fabrication de poudre de cacao et de beurre de cacao.

Il ressort du livre du jubilé et de celui des pionniers édité spécialement à cette occasion que la maison exigeait déjà en 1888 de ses collaborateurs l’entrée dans une caisse de maladie. Dès 1900 Lindt et Sprüngli S. A. disposait d’ailleurs de sa propre caisse. […] »

« La maison exigeait déjà en 1888 de ses collaborateurs l’entrée dans une caisse de maladie »

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