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La situation de Commerzbank, partiellement contrôlée par l’Etat fédéral depuis 2008, s’est améliorée depuis la crise financière mais reste incertaine.
© FRANK RUMPENHORST/DPA/AFP

Finance

Les grandes banques privées allemandes n’arrivent pas à surmonter la crise

Après les déboires de Deutsche Bank, Commerzbank pourrait quitter le DAX. Un mauvais signe pour les établissements privés allemands, qui peinent à se refaire une santé depuis 2008

Commerzbank, la deuxième banque privée d’Allemagne, va-t-elle quitter le DAX, l’indice phare de la bourse de Francfort? Cette possibilité a été évoquée la semaine dernière par les autorités boursières, qui présenteront le 5 septembre prochain la liste réactualisée des 30 entreprises admises dans ce club très fermé. Une telle perspective serait un choc pour l’établissement, qui figure parmi les entreprises fondatrices de l’indice en 1988.

Or aujourd’hui, malgré ses 49 000 salariés et son chiffre d’affaires de 452 milliards d’euros, Commerzbank compte parmi les valeurs les plus faibles de cet indice. Elle pourrait être rétrogradée dans l’indice MDAX – qui se compose des 50 autres plus grandes entreprises allemandes – et être remplacée par l’entreprise de services financiers Wirecard.

«Une grande perte de prestige»

«Cela serait une grande perte de prestige», résume le quotidien économique Handelsblatt. «Ce scénario reflète la perte d’importance du secteur bancaire privé allemand dans son ensemble», peut-on lire dans ce journal. Que cela soit Commerzbank ou sa concurrente Deutsche Bank, première banque privée du pays, toutes deux peinent en effet à trouver leur modèle économique et à convaincre les investisseurs depuis la crise financière de 2008.

En ce qui concerne Deutsche Bank, plombée par les litiges financiers et par de mauvais résultats financiers, elle a changé de patron en avril et a annoncé un retrait de ses activités de banque d’investissement aux Etats-Unis, avant d’échouer pour la deuxième fois au test de résistance de la Fed.

Situation incertaine

Pour Commerzbank, partiellement contrôlée par l’Etat fédéral depuis 2008, la situation s’est améliorée mais reste incertaine. Elle fait état d’un bilan assaini et comptait l’an dernier 639 000 clients particuliers supplémentaires mais reste fragilisée par des litiges aux Etats-Unis. «Les investisseurs doutent de son business model, de sa viabilité et de l’évolution de ses revenus», explique Eileen Keller, spécialiste du système financier à l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg.

La fragilité des banques privées allemandes s’explique aussi par la structure même du système bancaire du pays. «Elles sont concurrencées sur leur propre marché par les nombreuses banques mutualistes et les caisses d’épargne, qu’elles ne peuvent acheter et qui bénéficient d’une très bonne réputation parmi les entreprises du Mittelstand», analyse Eileen Keller.

Concentration du secteur en cours

Ce système est l’objet de critiques récurrentes outre-Rhin, notamment de la part des banques privées. En mai, l’ancien patron de Dresdner Bank, elle-même rachetée par Commerzbank, a publié une tribune dans laquelle il estime que le nombre d’établissements de crédit y est trop élevé et que leur rentabilité est en jeu. Leonhard Fischer ne voit qu’une seule solution: accélérer les fusions. Dans les faits, le nombre de banques ne cesse de diminuer en Allemagne mais reste élevé avec 1823 établissements de crédit en 2017, contre 2400 en 2004. Cela correspond à 2,2 banques pour 100 000 habitants, l’un des plus hauts niveaux européens.

Ces appels à réformer de fond en comble le système bancaire, pour consolider les banques privées, trouve toutefois peu d’écho du côté de la classe politique. «Ce système a été revalorisé avec la crise financière, rappelle Eileen Keller. Car les banques mutualistes et les caisses d’épargne ont continué à prêter aux entreprises du Mittelstand durant cette période. Les habitants y sont très attachés, et la classe politique aussi.»

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