13 janvier: permission de désobéir

Emotion ce lundi dans un tribunal vaudois. Des militants en faveur du climat s’étreignent. «C’est une journée historique», glisse un avocat. Pour la première fois, la justice suisse reconnaît que la désobéissance civile des manifestants pour le climat se justifie. Invoqué par les avocats, l’état de «nécessité licite», cette exception qui rend légale une action illégale si elle est justifiée par la sauvegarde d’intérêts prépondérants, a été retenu. La gravité de la crise climatique permet de briser la loi.

Tout a commencé en fin 2018, quand 12 activistes investissent les locaux de Credit Suisse. Déguisés en joueurs de tennis, ils dénoncent les émissions polluantes générées par les investissements de la banque et interpellent Roger Federer, qu'elle sponsorise.

Condamnés, ils font opposition, ce qui ouvre la voie à un procès. La direction de Credit Suisse n’y est pas représentée. A la barre, Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie, défend les activistes. Greta Thunberg relaie leur cause en ligne et Roger Federer promet une réaction. Les activistes gagnent la bataille de la communication, puis la première manche en justice, mais ils ne sont pas encore acquittés.

Le lendemain, le parquet vaudois saisit la Cour d’appel. Le procureur général Eric Cottier reprend le dossier et les fera condamner huit mois plus tard.

Des mouvements similaires marquent l’année, notamment à Eclépens, où une «zone à défendre» s’érige durant l’automne pour dénoncer une carrière de LafargeHolcim. Les investisseurs accentuent la pression, poussant des géants comme Glencore à réduire leurs activités dans certaines énergies ou à multiplier les déclarations envers le climat.

24 février: la course du vaccin commence

Ce lundi, 42 jours après le séquençage du nouveau coronavirus par les Chinois, une entreprise américaine, Moderna Therapeutics, annonce avoir mis au point un vaccin candidat contre le Covid-19. La biotech livre une centaine de doses aux autorités américaines pour entamer des essais cliniques et lance ce qui sera considéré comme une course historique au vaccin de la pandémie.

En temps normal, créer un vaccin prend dix ans, mais cette année est spéciale. La planète entière sera arrêtée en même temps, au printemps. Pour la relancer, tous les regards sont tournés vers les sciences. Moderna est largement soutenue par des investisseurs suisses.

D’autres entreprises, américaines, chinoises, russes, proposent d’autres formulations. Un groupe allemand, BioNTech, s’associe avec l'Américain Pfizer sur un candidat recourant à une technologie semblable à celle de Moderna: l’ARN messager, qui consiste à injecter dans une cellule humaine un code l’incitant à créer elle-même, in vivo, une protéine de défense face à un virus, comme le nouveau coronavirus. Une technique qui n’a jamais été mise sur le marché.

Les pharmas se plient en quatre, soumettent leurs produits à une batterie de tests et, avec un soutien public et philanthropique massif, se préparent à une production industrielle pour être prêtes si les autorités autorisent leur mise sur le marché.

A la fin de l’année, plus de 230 vaccins et quelque 320 traitements étaient soumis à des tests dans le monde. Parmi les vaccins, certains étaient déjà distribués, que ce soit en Chine, aux Etats-Unis ou en Angleterre. En Suisse, les premières piqûres, aussi, ont été faites avant la fin décembre, à la suite d’un feu vert de Swissmedic le 19 décembre. Mais comme partout, la campagne de vaccination massive se déroulera en 2021.

28 février: annulations en cascade

Ce vendredi, le Conseil fédéral interdit les manifestations de plus de mille personnes en Suisse. Les conséquences ne se font pas attendre. Victime la plus médiatisée, le Salon international de l’automobile à Genève (GIMS). Ce matin, le président du conseil de fondation du GIMS, Maurice Turrettini, se présente devant la presse pour annoncer que les portes de Palexpo resteront closes cette année. A une semaine seulement de l’ouverture.

Jusque-là, les organisateurs jouaient la montre. Notamment pour des questions d’assurances, puisque s’ils avaient dû décider d’eux-mêmes d’annuler le salon aux 600 000 visiteurs par année, certains de leurs 160 exposants auraient pu attendre d’eux des dédommagements. En revanche, la décision provenant désormais des autorités, il s’agit de «circonstances exceptionnelles» et l’organisateur ne peut plus être tenu responsable des pertes générées.

Ce même 28 février, le groupe bâlois MCH annonce la suspension de l’édition 2020 de Baselworld (81 000 visiteurs l’année précédente). Et le FC Sion l’organisation de sa choucroute géante (7800 invités).

Reverra-t-on un salon de l’automobile à Genève? Rien n’est moins sûr, alors qu’en juin on apprend que son édition 2021 ne se tiendra pas. Dans un sondage, une majorité d’exposants ont indiqué qu’ils ne participeraient probablement pas à une édition en 2021 et qu’ils favoriseraient une prochaine édition, l’année suivante.

11 mars: l’OMS décrète la pandémie

En cette fin de journée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrète l’état de «pandémie» concernant le Covid-19. Ce jour-là, 119 000 cas de contamination sont recensés dans 110 pays à travers le monde et 4351 décès, selon le bilan établi par l’AFP.

Une épidémie, c’est lorsqu’une maladie est limitée à certains foyers précis. Pour passer au statut de pandémie, il faut que le virus se propage activement d’un pays à l’autre. La pandémie est plutôt un avertissement sanitaire mondial, un appel à l’action et une incitation à activer et à renforcer les mécanismes d’intervention d’urgence.

Ce jour-là l’OMS insiste également pour que les contrées les plus touchées maintiennent leurs efforts d’endiguement de l’épidémie. Au total, 81 pays n’avaient pas encore signalé de cas et 57 autres déclaré dix cas ou moins. Le Covid-19, le nom de la maladie engendrée par le nouveau coronavirus (baptisé SARS-CoV-2), serait apparu au début du mois de décembre en Chine avant de rapidement se propager partout dans le monde.

Le 25 septembre, le nombre fatidique d’un million de morts liés au Covid-19 est atteint. A Genève, l’OMS redoute que la pandémie ne fasse jusqu’à deux millions de morts. A fin décembre, le monde recense plus de 1,7 million de décès et plus de 16 millions de personnes sont infectées. Les Etats-Unis de Donald Trump sont le pays le plus touché.

12 mars: le jour où les marchés ont chuté

Le mot «coronakrach» date de février. Dès le 20 février, les marchés actions décrochent, alors que la pandémie prend de l’ampleur. L’indice S&P500, le plus important marché actions au monde, subit une succession de forts reculs et de reprises passagères, selon que les investisseurs perdent espoir ou croient à nouveau à des plans de soutien d’envergure. L’incertitude culmine durant la journée du jeudi 12 mars.

L’indice S&P 500 chute de 7% dès l’ouverture de la bourse américaine. Les échanges sont interrompus à Wall Street, pour quinze minutes et pour la deuxième fois de la semaine. La chute se poursuit dès la réouverture du marché. Jusqu’à ce que la Réserve fédérale américaine annonce qu’elle injectera 1500 milliards de dollars sur les marchés. Cette mesure s’ajoutera aux injections de liquidités de 175 milliards de dollars par jour jusqu’au 13 avril. Le S&P 500 finit la séance sur une chute de 9,5%, son pire recul sur un jour depuis le 19 octobre 1987.

Le S&P 500 repart à la hausse et le Covid-19 déferle sur la planète. L’indice retrouve son niveau d’avant crise le 18 août, et progressera de 15% sur l’année. Comme lors des 65 fois précédentes, l’indice des grandes capitalisations américaines a surmonté sa 66e crise de panique depuis la crise de 2008.

11 avril: les indicateurs économiques s’affolent

Les restaurants et les commerces jugés non essentiels sont fermés, les avions cloués au sol et le reste de l’économie fonctionne au ralenti. Soudain, un chiffre marque les esprits, à tel point que le Wall Street Journal le met en une de son site internet: le produit intérieur brut suisse pourrait s’effondrer de 7 à 10% en 2020, selon les estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2009, lors de la dernière grande récession qui avait été causée par la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis, l’économie helvétique s’était contractée de 1,9%.

Après le déconfinement, les économistes ne vont cesser de revoir leurs prévisions à la hausse en raison de la robustesse de la consommation indigène, mais également de l’industrie pharmaceutique, qui aura joué un rôle d’amortisseur. Le télétravail a aussi permis de limiter les dégâts: une étude de l’Union suisse des arts et métiers publiée en juin a observé une augmentation de la productivité des forces de travail durant le semi-confinement.

Début décembre, les dernières estimations du Seco font état d’une chute du PIB de 8,6% au premier semestre, mais d’un fort rebond de 7,2% au troisième trimestre. L’institut de prévisions conjoncturelles KOF s’attend à une baisse de 3,5% sur l’ensemble de l’année, mais rappelle qu’il s’agit d’un scénario de base. Les modèles économétriques traditionnels peinent à composer avec l’incertitude et les phénomènes inédits. Grâce à la numérisation, une nouvelle génération d’outils permet toutefois plus de précisions dans les mesures en suivant des indicateurs tels que la charge de trafic ou les paiements faits par cartes de crédit.

13 avril: l’activité économique est paralysée

Février, mars, avril, mai, c’est le confinement ou semi-confinement. L’activité économique est en pause. Les ports sont bloqués, les échanges paralysés. C’est le désastre pour le transport, l’hôtellerie et le tourisme. Le Fonds monétaire international (FMI) prédit un recul de 3% du PIB mondial en 2020. Pour les pays industrialisés, la chute est plus brutale, à 6,1%. Une récession d’une telle ampleur, c’est du jamais-vu depuis la Grande Dépression.

En Suisse, les entreprises ont souvent su rebondir lors des précédentes crises. Aujourd'hui leur sort dépendra de la durée des restrictions et de l’aide étatique, malgré leur agilité.

Après un premier semestre catastrophique, les Etats et les institutions veulent croire à une reprise. C’est bien le cas, car l’activité reprend en été. Par-dessus tout, les Etats et les banques centrales multiplient les mesures de soutien pour préserver l’économie. Résultat: le recul de la croissance devrait être plus faible que prévu. «Mais en cas de recrudescence de la pandémie de Covid-19 et l’imposition d’un nouveau confinement lié à une deuxième vague, ce serait la catastrophe», avait mis en garde Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI. C’était en octobre.

Cette deuxième vague est bien là en cette fin d’année 2020, même si le confinement n’est pas aussi strict qu’au premier semestre. Le FMI prévoit que tous les pays du G20, à l’exception de la Chine, termineront l’année en récession. Le PIB global sera en recul de 4,4% par rapport à 2019. Pour sa part, la Banque mondiale affirme que la pandémie risque d’entraîner entre 88 et 115 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté cette année.

20 avril: payer pour vendre du pétrole

Certains l’appelleront le «lundi noir». Pour la première fois, le cours du WTI, un pétrole brut dont le prix fait référence aux Etats-Unis, entre en territoire négatif. Il tombe jusqu’à -37 dollars le baril. Pour vendre un baril, il faut autrement dit payer 37 dollars.

Comment est-ce possible? L’or noir est devenu encombrant, car plus personne n’en veut, or les producteurs tardent à fermer les vannes. Il faut donc stocker ces hydrocarbures, mais la place manque. Les non-initiés font connaissance avec Cushing, cette cité de l’Oklahoma qui accueille le plus grand nombre de citernes. Elles sont toutes réservées, sinon remplies. Plus moyen de stocker la marchandise qui continue d’affluer. On entre en territoire négatif et la planète pétrole s’affole, notamment en Suisse romande, pôle mondial du négoce de brut.

Les poids lourds du marché, qui disposent des infrastructures nécessaires, y trouvent leur compte. De Trafigura à Glencore, toutes les divisions de négoce publieront des résultats record en 2020.

Pour l’or noir, c’est autre chose. La demande redémarrera durant l’été. Fin 2020, l’Empire du Milieu en consommera plus que sur la même période de 2019. Mais ailleurs, elle reste en berne: l’économie continue de tourner au ralenti. La transition énergétique incite des experts à conclure que le pic pétrolier est passé. Mais d’autres observateurs, dont le patron du groupe genevois Vitol, estiment que le brut a une décennie de beaux jours devant lui.

1er mai: Lonza collabore avec Moderna

«C’était une folie.» Ainsi parle Albert Baehny, quand il évoque, huit mois plus tard, ce 1er mai. Le président du conseil d’administration de Lonza se souvient que, quelques semaines plus tôt, la biotech américaine Moderna est venue toquer chez le groupe rhénan pour solliciter ses services. Sa demande: créer les trois quarts des substances actives nécessaires à la fabrication de son vaccin contre le Covid-19 avec une production qui serait lancée avant la fin de l’année.

Certes, Lonza est un sous-traitant biotech spécialisé dans ce genre de production. Certes, il pouvait compter sur des bâtiments flexibles, équipés et vides à Viège. «Il a fallu faire le design des lignes de production, commander des bioréacteurs, des filtres, des centrifugeuses, de la tuyauterie en inox, trouver des électriciens, des mécaniciens, gérer les logiciels, tout monter dans un contexte de pandémie», souligne Albert Baehny.

La formidable logistique des vaccins se met en place à toute allure, alors que le vaccin est en phase 2 des essais cliniques (il en faut trois, et la dernière est la plus longue, pour espérer une autorisation de mise sur le marché).

La course aux vaccins bat son plein et Moderna figure dans le peloton de tête aux côtés de Pfizer/BioNTech et de groupes chinois. Les tests cliniques se multiplient. Selon l’IFPMA, la faîtière de l’industrie pharmaceutique basée à Genève, jamais le secteur n’a autant collaboré, que ce soit dans la production ou la distribution des vaccins.

Le secteur s’associe à Gavi Alliance, une ONG internationale à Genève, et à l’OMS pour créer Covax, une initiative qui vise à répartir aussi équitablement que possible les vaccins dans le monde. En attendant, les Etats multiplient les commandes selon une logique du premier qui commande, premier servi qui inquiète les ONG.

7 mai: tempête sur les salons horlogers

Baselworld meurt à l’âge de 103 ans. Le grand salon horloger de Suisse n’aura pas survécu à son annulation et aux polémiques sur les conditions de remboursement proposées à ses 600 exposants. Cette disparition marque le début de la crise des salons horlogers, un autre fait marquant de 2020. Des entreprises annoncent leur intention de rejoindre la Fondation de la haute horlogerie (Watches & Wonders) pour un nouveau rendez-vous à Palexpo en 2021. Cinq initiatives émergent pour proposer une alternative aux autres.

Parmi les principales, le groupe MCH présente HourUniverse, qui doit remplacer Baselworld dans la cité rhénane. Swiss Creative Lab fait part de son envie de prendre ses quartiers au Palais de Beaulieu, à Lausanne. Tous deux prévoient de caler leurs dates sur celles du nouveau rendez-vous de Genève, dont on ne sait rien, si ce n’est qu’il devrait se tenir début avril. Ce dernier est finalement annulé fin novembre en raison de l’incertitude sanitaire, avant même d’avoir dévoilé son format.

Ces efforts dispersés font dire à certains, à l’image de Pierre Jacques, patron de De Bethune, que l’on assiste à un «chaos total», alors que des horlogers voyaient en la fin de Baselworld l’opportunité d'enfin réunir la branche en un seul lieu à une date unique. Même face à la pire année de son histoire, l’horlogerie suisse peine à faire front commun.

14 mai: Roberto Azevêdo abandonne le navire OMC

Sans crier gare, le Brésilien Roberto Azevêdo démissionne de son poste de directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plongeant l’organisation sise à Genève encore un peu plus dans l’incertitude. Déjà paralysée et déstabilisée dans certaines de ses fonctions fondamentales, notamment l’Organe de règlement de différends, l’organisation internationale est devenue un navire sans capitaine. Derrière ce drame, les Etats-Unis de Donald Trump se disent insatisfaits du fonctionnement de l’organisation.

Washington est même arrivé à faire croire que l’OMC agissait contre ses intérêts au profit de la Chine et de l’Union européenne. Inévitablement, la démission de Roberto Azevêdo, qui entre-temps a pris un emploi chez PepsiCo, a déclenché les procédures de sélection d’un nouveau directeur. A l’OMC, où les décisions sont prises à l’unanimité et qui veut une organisation défendant les intérêts de tous les pays, la marche à suivre est complexe. Mais on s’attendait à ce que, en fin de compte, un nouveau directeur prenne le gouvernail et remette le navire à flot.

Ce n’est toujours pas le cas. Au bout de multiples étapes, le comité qui pilotait l’élection a désigné la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala comme étant celle réunissant le plus grand soutien pour succéder à Roberto Azevêdo. Mais fin octobre, au moment où l’élection devait se conclure, l’administration Trump a mis son veto. C’est ainsi que l’OMC reste toujours sans capitaine depuis le mois de mai.

19 mai: trois décollages à Cointrin

Sur le tarmac, rien ne bouge. Dans l’aérogare, les lumières sont allumées, les écrans publicitaires clignotent. L’aéroport est ouvert mais il n’y a pas un chat. Ce jour-là, seuls trois avions de ligne décollent, on touche le fond. Ce printemps, le nombre de passagers est si faible que l’aéroport, en termes de passagers, renoue avec les chiffres de 1945.

Le secteur vit une des crises les plus violentes de son histoire. Il faudra, selon les experts, patienter jusqu’à 2023 pour retrouver le nombre de passagers de 2019, si on le retrouve.

Parmi les trois avions du jour, l’un part vers Porto. En cette saison de récolte des fruits, les arboriculteurs craignent que les travailleurs saisonniers, souvent portugais, ne puissent pas venir. Une association d’agriculteurs a sollicité la compagnie Swiss pour affréter un vol de Porto et optimiser leurs chances d’arriver à bon port.

L’Organisation de l’aviation civile internationale estime alors que, sur les neuf premiers mois de l’année, l’offre en sièges des avions chutera globalement de 41 à 67%, surtout en Europe et en Asie, avec un redémarrage au mieux à la fin mai, mais plutôt au troisième trimestre, voire plus tard. Il devrait finalement avoir lieu en 2021.

Pour le secteur, les difficultés se prolongeaient en fin d’année, avec une deuxième vague dans les pays occidentaux. Juste avant Noël, le nombre de vols augmente mais la Suisse suspend ses liaisons aériennes avec le Royaume-Uni, principale desserte depuis Cointrin.

21 juillet: lueur d’espoir pour les horlogers

Lueur d’espoir pour une horlogerie en pleine déconfiture pandémique. La Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) présente ce mardi ses statistiques semestrielles, ainsi que celles du mois de juin. Si les premières font état d’une chute des exportations globales de 37,5%, à 6,9 milliards de francs, les secondes montrent un important rebond des envois à destination de la Chine continentale (+47,7% par rapport à juin 2019).

Depuis, ce marché fait chaque mois office de locomotive pour l’industrie. Mais faut-il vraiment parler de reprise, sachant que les Chinois ne voyagent plus? Aussi positifs soient-ils, ces chiffres témoignent avant tout d’un déplacement de la consommation touristique vers des achats domestiques. En toute logique, les horlogers redirigent leurs stocks vers l’Empire du Milieu dans l’espoir de rattraper une clientèle qui ne fréquente plus Hongkong, Paris ou Lucerne.

En novembre, Thomas Chauvet, analyste au sein de la banque Citigroup, confirme que le rattrapage n’est pas aussi marqué que laissent penser les statistiques de la FH: «Si l’on agrège les chiffres disponibles depuis le début de l’année, on constate plutôt une baisse de la demande chinoise globale de l’ordre de 25 à 30%.» De nombreuses marques l’ont bien compris et multiplient les efforts pour reconquérir une clientèle locale, en Europe et aux Etats-Unis. Une vraie reprise horlogère en 2021 ne pourra passer que par là, selon les observateurs de la branche.

31 juillet: dernier délai pour les crédits-relais

«Hilfe kommt.» L’aide arrive, promettait en mars Guy Parmelin, conseiller fédéral chargé de l’Economie, alors que l’économie se mettait en veilleuse pour endiguer la propagation du coronavirus. Pour éviter une dépression, Berne déploie un filet de sécurité formé de trois volets: le chômage partiel pour les travailleurs, les allocations pour perte de gain pour les indépendants et des crédits-relais pour les entreprises.

Octroyés par les banques, ces prêts facilités visent à alimenter ces dernières en liquidités. Le 26 mars, jour de lancement du programme, une ruée sur ces emprunts garantis par Berne se produit. A midi, UBS a déjà enregistré 3000 demandes. Au 31 juillet, dernier délai pour bénéficier de la mesure, près de 137 000 entreprises ont contracté un prêt covid, pour un montant total avoisinant les 17 milliards de francs. En parallèle, un programme spécifique a été mis sur pied pour les start-up, des entreprises jugées plus risquées. Il incombe aux cantons de définir lesquelles d’entre elles peuvent recevoir un prêt, qu’ils doivent cautionner au côté de la Confédération. 359 start-up ont pu bénéficier de cet outil pour un montant de près de 100 millions de francs.

Lorsque la deuxième vague déferle sur la Suisse en octobre, des voix s’élèvent pour exiger une réactivation des crédits-relais, puisque les 30 milliards prévus n’ont pas été épuisés. Mais le Conseil fédéral fait la sourde oreille, estimant qu’il devient trop risqué de soutenir sans conditions des entreprises affaiblies. Dans l’intervalle, le parlement a par ailleurs adopté la loi covid qui ouvre la porte à des soutiens à fonds perdu pour certains secteurs durement touchés. En décembre, ce même parlement décide d’assouplir les conditions de remboursement des crédits octroyés durant la première vague: huit ans au lieu des cinq initialement prévus.

22 août: un sursis pour la planète

Recevoir 100 francs et en dépenser 142. C’est ce que fait l’humanité avec les ressources que la planète lui procure. Chaque année, à partir de la moitié de l’été, nous commençons à prendre un crédit environnemental. Sauf en 2020.

Pandémie oblige, la production mondiale s’est arrêtée pendant deux mois. La consommation a dégringolé. Résultat, cette année, l’humanité n’a commencé à vivre à crédit que le 22 août, trois semaines plus tard que les années précédentes. En 2019, le jour dit «du dépassement» était tombé le 29 juillet.

Les émissions de CO2 auront totalisé 34 milliards de tonnes cette année. Une baisse record de 7% sur un an. Le consortium Global Carbon Project signale que la précédente baisse significative est intervenue en 2009, avec un recul de -0,5%. Mais le répit ne devrait pas durer. En avril, la baisse atteignait 18%. Puis elle a oscillé entre -7 et -5% depuis juin. Car la reprise de l’industrie n’a pas tardé. Et la deuxième vague, même si elle gagne en importance au fil des semaines, ne provoque pas les mêmes blocages.

Il faut remonter à 1970 pour retrouver le moment où la population mondiale ne produisait et ne consommait pas davantage que ce que la Terre lui offrait. Cinquante ans plus tard, alors que la planète économique est paralysée pendant deux mois, que la Chine sera la seule puissance à terminer 2020 avec un PIB en croissance, l’humanité aura réussi à ne dépenser «que» 136 francs, sur les 100 francs qu’elle a reçus le 1er janvier.

22 septembre: la Chine carbone neutre en 2060

Surprise à l’Assemblée générale de l’ONU à New York ce mardi. Dans un discours, le président chinois Xi Jinping annonce que l’Empire du Milieu s’est fixé un but de neutralité carbone. «Nous voulons atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060», dit-il. «Tous les pays doivent prendre des mesures décisives pour honorer l’Accord de Paris.»

Cet accord signé en 2015 prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés. Les Etats-Unis, deuxième émetteur de CO2 de la planète derrière la Chine, sont alors sur le point de s’en retirer, ce qui sera fait en novembre.

Une bonne partie du monde salue l'annonce, et se demande si c’est possible. D’aucuns soulignent que la Chine dépend de ses usines de charbon, d’autres rétorquent que c’est aussi là-bas que se trouvent le plus grand nombre de barrages et de panneaux solaires.

Est-ce aussi un effet de la pandémie? Toujours est-il que la transition énergétique vit un «momentum». Elle est l’objet de toutes les conversations d’un sommet de référence sur les matières premières organisé par le Financial Times la même semaine. Les prix du solaire et de l’éolien chutent, les taux d’intérêt bas incitent à investir et des technologies propres arrivent à maturité. Une semaine plus tard, un colloque à Genève évoque la transition écologique de la marine marchande, qui gère 90% du commerce mondial.

Quelques mois plus tôt, le canton de Vaud a annoncé sa volonté d’être neutre en carbone d’ici à 2050. Aux Etats-Unis, le président élu, Joe Biden, fait savoir que, sous sa présidence, le pays retournerait immédiatement dans l’Accord de Paris.

29 octobre: journée historique pour les GAFA

Il est aux alentours de 21 heures en Suisse ce jeudi et les chiffres tombent à quelques secondes d’intervalle. Nous sommes en pleine période de publication des résultats trimestriels. Et ce jour-là, par une jolie coïncidence, Google, Facebook, Amazon et Apple publient quasi simultanément leurs résultats pour les trois derniers mois. Le confinement a fait un bien fou aux GAFA, grands gagnants de la pandémie.

Le chiffre d’affaires d’Amazon s’envole de 37% et atteint 96 milliards, celui de Google de 14%… Hormis Apple, dont les ventes d’iPhone ont reculé, aucun géant de la tech ne souffre des vents qui auraient pu être contraires. Malgré les appels au boycott pour ses soucis de modération, Facebook voit les annonceurs se ruer sur sa plateforme, tout comme Google, dont les revenus publicitaires explosent de 32% sur YouTube. Amazon n’a lui aussi cure des appels au «consommer local» dans certains pays. En parallèle, l’action de ces multinationales s’envole depuis janvier.

Mais ces résultats sont publiés dans un contexte bien particulier. Des deux côtés de l’Atlantique, un vent de révolte tant au niveau législatif (en Europe) que judiciaire (aux Etats-Unis) se lève. Cette fin 2020 est compliquée pour les GAFA: tous accusés d’abuser de leur position dominante, ils voient les fronts se multiplier.

Un temps vus comme des bienfaiteurs universels aux Etats-Unis grâce à leurs services en partie gratuits, ils sont perçus par certains comme des prédateurs de données, acculant leurs concurrents au bord du précipice. Cette tendance ne devrait pas avoir d’impact significatif sur leurs prochains résultats trimestriels. Mais à moyen terme, se battre contre des régulateurs et des procureurs va demander de l’énergie et des ressources aux GAFA, et peut-être les contraindre à modifier leurs stratégies expansionnistes.

En décembre, la Commission européenne a d’ailleurs présenté une vaste panoplie législative pour protéger les internautes des mauvaises pratiques de Google, Amazon ou Facebook.

3 novembre: Trump, Biden et les Suisses

Les résultats avaient commencé à tomber le jour prévu, le 3 novembre, mais il a fallu patienter pour que la victoire de Joe Biden apparaisse clairement après une campagne tendue et dans un pays divisé. Les sondages le donnaient gagnant, mais le doute a persisté plusieurs jours. C’est le samedi qui a suivi que le démocrate de 78 ans l’a finalement emporté face à Donald Trump, le républicain candidat à sa propre succession.

Pour la Suisse, cette élection n’est pas sans enjeu. Alors que l’on approchait de la date fatidique, les relations commerciales entre les deux pays étaient même au beau fixe. Si l’on en croit les chiffres des huit premiers mois de l’année, les entreprises suisses ont acheminé plus de biens aux Etats-Unis qu’en Allemagne, son traditionnel partenaire commercial. L’équivalent de 26,9 milliards de francs de marchandises vendues aux Etats-Unis, selon les statistiques des douanes.

Une certaine normalité dans ce domaine est revenue dans les mois qui ont suivi, l’Allemagne redevenant le débouché numéro un des entreprises suisses. Mais les relations commerciales avec les Etats-Unis sont restées à un niveau particulièrement élevé, résultat d’une tendance croissante cette dernière décennie. En 2009, la Suisse avait exporté 17,6 milliards aux Etats-Unis. Dix ans plus tard, ce chiffre atteignait 42 milliards. Crise oblige, il ne sera probablement pas battu cette année. Mais ce recul momentané ne dissipera certainement pas l’intérêt suisse pour un accord de libre-échange qui devra se négocier avec la nouvelle administration. Reste à savoir si elle sera plus ou moins ouverte aux arguments helvétiques que la précédente.

15 novembre: le plus grand accord de libre-échange du monde

Quinze pays d’Asie et du Pacifique signent ce dimanche un accord commercial de libre-échange à l’occasion de la clôture d’un sommet virtuel sous présidence laotienne. Ce partenariat régional, baptisé Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP), devient l’accord commercial le plus important du monde. Il concerne deux milliards d’habitants.

Cette zone se constituera de la Chine, de Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et des dix pays de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), dont font notamment partie Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, la Thaïlande, Singapour, les Philippines, le Vietnam.

Le grand absent, l’Inde, s’est montré réticent à monter dans le train, sous prétexte que la Chine en était la locomotive. Les relations sont tendues entre les deux grands voisins. Cet accord a été décrit comme une victoire de Pékin qui viendrait imposer sa volonté en Asie-Pacifique, alors même qu’il est plutôt l’œuvre des pays de l’Asean. Il est vrai qu’au départ, le projet – Traité de libre-échange transpacifique (TPP) promu par Barack Obama – était mené par les Etats-Unis, avec l’objectif d’isoler la Chine de ses voisins.

Mais en janvier 2017, Donald Trump, dans sa toute première décision en tant que président américain, avait signé le retrait de son pays. De la même façon, il avait suspendu les négociations avec l’Union européenne en vue d’un accord transatlantique de libre-échange. L’accord porte sur la baisse des droits de douane, une harmonisation des règles et des standards ainsi que la protection de la propriété intellectuelle. Il exclut en revanche tout ce qui touche à la protection des travailleurs et de l’environnement. Pour les pays signataires, lorsqu’il entrera en vigueur, les échanges commerciaux donneront une impulsion à l’économie régionale qui, Covid-19 oblige, traverse une grave crise.

25 novembre: la première livraison de Lonza

Il fait beau et froid ce mercredi à l’aube. Un camion de l’entreprise Agility quitte Viège avant 7 heures, avec les premières doses de la substance active du vaccin de Moderna. Elles sont contenues dans des sacs en polymère de dix litres chacun et maintenues à des températures négatives. Le véhicule prend la direction de l’Espagne, roule au maximum à 80 km/h. Il arrive près de vingt-quatre heures plus tard à Madrid, où se trouve la dernière étape de la fabrication du vaccin de Moderna, au sein de l’usine du groupe pharmaceutique espagnol Rovi.

Exactement 208 jours après l’annonce, le 1er mai, de la collaboration entre Moderna et Lonza dans le développement industriel d’un vaccin contre le Covid-19, Lonza effectue sa première livraison. C’est le résultat d’une course contre la montre logistique et mondiale étonnante. Le groupe rhénan est parvenu à faire venir toutes les matières premières nécessaires au vaccin, mais aussi les équipements pour le fabriquer. Trois lignes de production ont été montrées dans la cité valaisanne, qui doivent chacune produire 100 millions de doses par année.

Moins d’un mois plus tard, le vaccin de Moderna est approuvé aux Etats-Unis, quelques jours après celui de Pfizer/BioNTech. Une campagne de vaccination massive commence alors à l’international. Le monde économique, qui s’est largement arrêté de tourner en 2020, a les yeux rivés sur ces vaccins, qui doivent permettre de rouvrir les restaurants, faire décoller les avions et relancer les bateaux de croisière. Les actions de certains groupes cotés en bourse ont d’ailleurs bondi en fin d’année, au gré des annonces des entreprises pharmaceutiques.

30 novembre: carton plein pour les livreurs de repas

L’annonce ne fait pas grand bruit, à part sur les groupes WhatsApp des livreurs de nourriture à domicile. Dans la grisaille genevoise, Eat.ch ouvre un hub dans le quartier des Acacias, où la multinationale compte employer 250 coursiers.

Les nouveaux livreurs figurent parmi les gagnants de la pandémie et des confinements qu’elle a engendrés. Bloqués chez eux, les gens en ont semble-t-il vite eu assez de faire du pain ou de manger toujours la même chose, alors qu’en quelques glissements de doigt sur leurs écrans ils peuvent désormais accéder à presque toutes les cuisines du monde.

Les ventes d’Uber Eats explosent depuis neuf mois. Cette année, mille restaurants sont venus compléter son offre en Suisse, dans 17 villes. Frénésie similaire chez Smood, Eat.ch ou encore Hop Delivery. Le site d’e-commerce DeinDeal s’est lancé dans la livraison à Zurich et Genève.

Au bout du Léman, l’instauration d’un salaire minimum et l’obligation de salarier les courtiers ont transformé ce secteur, jusqu’à présent composé d’une myriade d’indépendants au statut précaire. Ces nouveaux employés doivent composer avec des horaires imposés, ce qui ne les ravit pas forcément.

Le commerce en ligne aussi y gagne. La Poste fait état cette année d’un nombre record de colis. Pour faire face, l’entreprise a créé en 2020 500 postes de travail supplémentaires dans ses centres de tri des colis. A cela s’ajoutent 800 employés temporaires pour le mois de décembre, celui qui chaque année est le plus chargé.

10 décembre: réouverture des restos sous haute tension

Cinq semaines après leur fermeture face à la deuxième vague, les restaurants rouvrent dans les cantons de Genève, du Jura, de Fribourg, de Neuchâtel et de Vaud. Désireux de sauver la période des Fêtes dans ses stations de montagne, le Valais décide d’attendre encore trois jours.

Déjà privés d’activité durant deux mois et demi au printemps, les cuisiniers se mettent à leurs fourneaux la mort dans l’âme. Ils se savent en sursis. Trente-six heures plus tôt, Alain Berset et Simonetta Sommaruga ont pris tout le monde de court, menaçant de prendre des mesures drastiques si les cantons alémaniques ne serraient pas la vis.

Car l’épicentre de l’épidémie s’est déplacé de l’autre côté de la Sarine, mais les autorités tardent à réagir. C’est un nouveau coup dur pour des milliers d’acteurs qui ne voient l’aide arriver qu’au compte-gouttes, malgré les manifestations pour demander des dédommagements. Le lendemain, un répit leur est accordé: pour ne pas pénaliser la Suisse romande, qui a pris des mesures tôt, le collège gouvernemental décide de les autoriser à œuvrer pour autant que le taux de reproduction du covid ne dépasse pas 1.

Une liberté qui sera de courte durée dans les cantons du Jura et de Genève, qui doivent à nouveau décréter la fermeture des établissements publics face à une augmentation des cas. Les bistrots genevois ferment le 23 décembre. Le 22 décembre, Vaud, Fribourg, Neuchâtel et le Valais annoncent avoir décidé de leur emboîter le pas.

16 décembre: la Suisse manipule sa devise, selon Washington

C’est un dernier cadeau de l’administration Trump à la Suisse. Ce mercredi, le Département du Trésor rend son rapport semi-annuel: la Suisse est un pays manipulateur de devise, dit-il. Un qualificatif rare: seuls la Chine et le Vietnam figurent avec la Suisse sur cette liste noire.

Les ingrédients étaient réunis pour que le couperet tombe, la Suisse remplissant les trois critères fixés par le Trésor: un excédent de la balance courante qui dépasse 2% du PIB, un excédent commercial avec les Etats-Unis de plus de 20 milliards de dollars et des interventions sur la monnaie dépassant 2% du PIB en un an. Jusqu’ici, la Suisse ne remplissait que les deux premiers critères, mais la pression sur le franc s’est renforcée et la BNS est intervenue, jusqu’à atteindre la limite tolérée par Washington.

Quelles seront les conséquences? A court terme, aucune: la BNS a annoncé qu’elle ne changera pas le cap de sa politique monétaire. Dans son rapport, l’administration enjoint la Suisse à desserrer le frein à l’endettement pour ne pas laisser le poids de la lutte contre le franc fort à la banque centrale. Berne s’efforcera de convaincre Washington que la Suisse ne cherche pas à rendre ses exportations compétitives, juste à lutter contre des pressions déflationnistes.

20 décembre: 900 milliards d’aides aux Etats-Unis

Après des mois d’affrontement politique, républicains et démocrates parviennent ce dimanche à un accord sur un plan d’aides face au Covid-19. Les Américains s’entendent sur un montant de 900 milliards de dollars. Outre une allocation chômage supplémentaire de 300 dollars par semaine, il couvre une aide directe aux familles de 600 dollars, un fonds pour éviter les expulsions des logements ou une distribution équitable des vaccins dans le pays.

Cette décision intervient dans la lignée de la loi CARES (Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act) adoptée en mars, devenue le plan de relance de l’économie le plus important de l’histoire des Etats-Unis, avec un budget de 2000 milliards de dollars.

Le montant de ce soutien n’était pas remis en question mais les négociations butaient sur la question du rôle de la Réserve fédérale (Fed). Dans le contexte d’une élection présidentielle tendue, les républicains souhaitaient limiter les crédits fournis par la Fed. D’ordinaire, la banque centrale américaine prête essentiellement aux institutions financières, mais face à la crise économique cette compétence avait été élargie. Certains élus républicains ont accusé le parti adverse de vouloir utiliser ces fonds à des fins politiques dans les collectivités qu’ils contrôlent.

S’ils ont consenti à laisser ces programmes courir jusqu’à la fin de l’année, les républicains ont obtenu que leur renouvellement en 2021 soit soumis à une approbation parlementaire. L’accord a été salué par Joe Biden, mais ce blocage donne une idée des contraintes avec lesquelles le nouveau président élu devra composer. Tout dépendra du second tour de l’élection des sénateurs de Géorgie, dont les résultats sont attendus le 5 janvier.

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