BREXIT

Comment les grandes entreprises européennes abordent le Brexit

Des répercussions impossibles à évaluer dans l'immédiat, beaucoup de questions en suspens mais pas d'impact prévu sur leur stratégie au Royaume-Uni: les grandes entreprises abordaient le Brexit à ce stade plutôt avec flegme vendredi, se disant prêtes à s'adapter au changement

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a appelé vendredi les entreprises à «ne pas paniquer» face au Brexit. Et il a assuré que sa ville resterait «le meilleur endroit au monde pour faire des affaires».

Les acteurs de la place londonienne avaient prévenu, avant le référendum, qu'un départ britannique de l'Union européenne (UE) aurait un impact très négatif sur ses opérations financières. «Nous allons sortir de l'UE mais il est essentiel que nous restions partie prenante du marché unique», a ajouté dans un communiqué le travailliste Sadiq Khan, qui avait vigoureusement fait campagne pour le maintien dans l'UE.

Voici leurs premières et principales réactions:

Grande-Bretagne

Barclays: «C'est une décision significative et il y aura beaucoup de questions ces prochains jours et semaines sur ce qui va se passer après. Les réponses sont complexes mais notre position est de ne pas interrompre notre élan pour bâtir la Barclays du futur». (Jes Staley, patron).

Shell: «Nous travaillerons avec le gouvernement britannique et les institutions européennes sur les implications qui nous concernent». (porte-parole)

EasyJet: «est confiant que (le Brexit) n'aura pas d'impact matériel sur sa stratégie et sa capacité à produire une croissance durable de ses bénéfices et des rendements à ses actionnaires».

Suisse

Nestlé: «Les conséquences pratiques de cette décision seront plus claires les prochains mois. Nous continuerons le cours normal des activités et suivrons les développements de près». (porte-parole)

Zurich Insurance: L'assureur «entend poursuivre ses activités sur le marché britannique» et «s'attend à une normalisation du marché avec le temps». Il est «beaucoup trop tôt» pour évaluer l'impact de ce processus sur ses activités. (porte-parole)

UBS: «Nous sommes maintenant au début d'un processus qui va durer plusieurs années et nous allons avoir la même approche que celle que nous aurions sur notre propre marché».

Novartis: «Il est difficile de prévoir l'impact précis de ce résultat sur l'industrie des sciences de la vie et sur Novartis». «A court terme, nous n'attendons pas d'impact significatif sur nos activités, les mécanismes et les mesures de sortie devant encore être définis».

France

Eurotunnel: «L'issue du référendum ne devrait pas affecter les activités de la concession du tunnel sous la Manche et groupe Eurotunnel maintient par conséquent ses objectifs».

Société Générale: «une longue période de négociations va s'ouvrir pour redéfinir les relations économiques entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne à l'avenir. Société Générale suivra de près l'évolution des discussions et leurs conséquences à court, moyen et long terme».

BNP Paribas: «Notre priorité immédiate est de continuer de servir nos clients et de (...) les accompagner dans cette période de forte volatilité sur les marchés». BNP Paribas, a «une exposition au Royaume-Uni limitée» et «bénéficie d'une forte capacité d'adaptation».

AXA: «Le nouveau plan stratégique 2016/2020 (présenté mardi, ndlr) a été construit sur des hypothèses prudentes donc le scrutin britannique ne le change pas».

EDF: «Nous estimons que ce vote n'a pas d'impact sur notre stratégie et notre stratégie britannique et pour notre filiale britannique n'est pas modifiée. Nous sommes dans une situation de neutralité vis-à-vis des mouvements qui pourraient se produire sur les marchés sur la suite du vote qui apparaît maintenant définitif du Brexit». (Jean-Bernard Lévy, patron).

Valeo: «Notre exposition à la livre est extrêmement limitée. Quant aux conséquences du Brexit sur le marché automobile britannique ou européen, il est trop tôt pour l'anticiper (...). Cela n'aura pas de conséquences sur la stratégie de Valeo».

Danone: «La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne va prendre des années et d'ici là on va continuer à faire ce qu'on fait tous les jours». «Là nous allons commencer à travailler sur les conséquences potentielles de l'évolution de la livre sterling».

Allemagne

Deutsche Bank: «A ce stade, nous ne pouvons pas complètement anticiper les conséquences, mais il ne fait aucun doute qu'elles seront négatives de tous les côtés». (John Cryan, patron)

BMW: «Les conséquences de cette décision ne sont pas encore prévisibles aujourd'hui. Mais il est clair qu'une période d'incertitude commence maintenant». Le constructeur n'attend «dans un premier temps pas d'effets importants sur (ses) activités en Grande-Bretagne».

Allianz: «Pas d'implication négative à attendre pour les investissements d'Allianz. Nos portefeuilles ne sont pas affectés de manière importante par la volatilité de court terme des marchés».

Bosch: «Nous examinons les conséquences de la sortie (du RU, ndlr) sur nos activités». Le plus grand équipementier automobile mondial dit n'avoir «à l'heure actuelle pas de projets de réduction de (ses) investissements en Grande-Bretagne».

Espagne

Banco Sabadell: «le résultat de la consultation ne change pas la stratégie de Banco Sabadell au Royaume-Uni». «Bien que le nouveau scénario puisse déboucher sur une période d'incertitude à court terme, j'espère que le nouveau cadre des relations entre l'UE et le Royaume-Uni (...) permettra une évolution positive économique à moyen et à long terme». (Josep Oliu, président)

Etats-Unis

Goldman Sachs: «Goldman Sachs a une longue histoire d'adaptation au changement et nous travaillerons avec les autorités compétentes quand les termes de sortie seront clairs». (Lloyd Blankfein, patron).

JPMorgan: «aura peut-être besoin d'apporter des changements à la structure de notre entité légale européenne et à la localisation de certains emplois», en clair, déplacer des emplois hors du pays.


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