Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le siège d'E.ON à l'Essen. Le géant allemand deviendra un leader européen des renouvelables. 
© Ina Fassbender / Reuters

Restructurartion

Grandes manoeuvre dans le secteur de l'énergie en Allemagne

Un vaste projet d'échange d'activités et de capital entre les groupes RWE et E.ON  va donner naissance à un leader européen dans les renouvelables. Ce développement est le résultat de la décision d'allemande  d'abandonner progressivement le nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima en 2011

L'énergéticien allemand RWE a conclu un accord de principe avec son concurrent national E.ON portant sur plusieurs volets. Cette transaction annoncée dimanche, d'une valeur de plus de 20 milliards d'euros au total, constitue une nouvelle étape spectaculaire dans la restructuration en cours de la production, distribution et commercialisation d'électricité et de gaz dans la première économie européenne. Cet accord doit aboutir au final à une nouvelle répartition des rôles entre RWE et E.ON dans l'énergie en Allemagne et au-delà en Europe.

Le premier groupe se concentrera sur la production d'énergie, conventionnelle mais aussi et surtout renouvelable, tandis que le second donnera la priorité à la distribution d'énergie, les réseaux électriques générant déjà aujourd'hui 65% de ses bénéfices, et à sa commercialisation aux particuliers et entreprises.

Des rivaux acharnés

Et pour sceller cette nouvelle entente, RWE va monter au capital de son ancien concurrent, désormais de facto partenaire, pour en devenir le premier actionnaire.

«Pendant des décennies E.ON et RWE ont été des rivaux acharnés, à présent ils se sont mis d'accord sur une transaction spectaculaire qui va recomposer le marché européen de l'énergie», estime le quotidien économique Handelsblatt sur son site internet.

Lire aussi: Les groupes énergétiques allemands dans la tourmente

Dans le détail, l'opération complexe comporte plusieurs volets. RWE va d'abord vendre les 76,8% qu'il détient dans sa filiale innogy à son concurrent E.ON, dans le cadre d'une transaction qui valorise cette société au total à quelque 22 milliards d'euros.

En contrepartie, RWE prévoit d'entrer dans le capital de la holding de E.ON à hauteur de 16,67%, via une augmentation de capital de E.ON, selon un communiqué de RWE.

Filialisée il y a deux ans par RWE, innogy et ses 44 000 salariés regroupe les activités de production d'énergie renouvelables, ainsi que de réseaux de distribution d'énergie et de commercialisation. En outre, E.ON prévoit de faire une offre de rachat de leurs titres aux actionnaires minoritaires d'innogy.

L'opération revient au bout du compte à un démantèlement d'innogy, dont les résultats financiers jugés décevants suite à des difficultés en Grande-Bretagne ont conduit au renvoi en décembre du PDG de l'époque, Peter Terium.

L'entreprise vient aussi de perdre son directeur financier, gravement blessé lors d'une attaque à l'acide en plein visage par deux personnes toujours pas identifiées.

L'accord annoncé dimanche prévoit que les énergies renouvelables d'innogy reviennent dans le giron de RWE - avec en plus celles d'E.ON dans ce secteur - tandis que les deux autres piliers d'innogy iront à E.ON pour renforcer son coeur de métier.

Charbon et gaz

C'est ce montage qui doit aboutir à ce que RWE au final se concentre à l'avenir sur la production d'énergie, tandis que E.ON prenne en charge les réseaux et portefeuilles clients.

E.ON s'est déjà retiré de la production en se séparant de ses centrales à charbon et gaz regroupées désormais dans la société Uniper, contrôlée par le groupe finlandais Fortum.

RWE a indiqué dans son communiqué vouloir lui devenir «un leader européen pour les énergies renouvelables et la production d'électricité conventionnelle».

«Il est important de combiner les deux, les premières sont appelées à se développer, tandis que les secondes vont perdre du terrain», souligne à l'AFP une source proche du dossier.

Une poignée de centrales nucléaires

Dans ce cadre, RWE va aussi racheter à E.ON pour 1,5 milliard EUR en numéraire les parts minoritaires que ce dernier détient dans deux centrales nucléaires allemandes. RWE va en outre récupérer les activités de stockage de gaz d'innogy et une participation dans l'énergéticien autrichien Kelag.

Ces grandes manoeuvres sont plus largement une conséquence de la décision de l'Allemagne d'abandonner progressivement l'énergie nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima en 2011.

Il ne reste qu'une poignée de centrales à l'atome qui produisent 15% de l'électricité du pays. Plus de 30% de l'énergie provient du renouvelable et cette proportion doit atteindre en théorie 80% à l'horizon 2050. Mais aujourd'hui, le charbon continue à jouer un rôle clé.

 

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)