Actions suisses

Comment les grandes tendances dessinent les stratégies actions

Démographie, technologie et changement générationnel modifient en profondeur notre avenir et donnent le ton pour les placements en actions des investisseurs

Cinq tendances devraient dominer les prochaines années. Il faudra compter sur l’insatisfaction des sociétés et sur le monde multipolaire qui en résulte. Ajoutons-y le comblement des insuffisances en matière d’infrastructure, les nouvelles technologies au service de l’humanité, la «silver economy» et les nouvelles valeurs de la génération Y. Les investisseurs doivent prendre ces évolutions au sérieux, car elles modifieront les secteurs générateurs de rendements et, par conséquent, les stratégies de placement des particuliers, comme des caisses de pension et des assurances. Globalement moins touchées par les fluctuations quotidiennes sur les marchés financiers, les supertendances offrent la possibilité de tirer profit du caractère durable de ces investissements.

Des sociétés à satisfaire

Frustrées et désabusées par la progression des inégalités, les classes moyennes poussent les gouvernants à adopter des politiques renforçant l’économie nationale, la création d’emplois, l’augmentation des salaires ainsi qu’à réglementer ou à imposer plus sévèrement les branches jugées responsables de licenciements. Le pouvoir politique est appelé à répondre aux besoins exprimés de sécurité et de protection, de plus grande prospérité et de stimulation de la consommation privée. L’attention est ainsi portée vers des marques et des champions nationaux, vers la défense et la sécurité ainsi que vers les consommateurs des pays émergents.

Les besoins en infrastructure sont importants. Les dirigeants politiques prévoient de grands projets pour les vingt à trente prochaines années. La priorité est généralement accordée aux équipements de transport exploités commercialement. Viennent ensuite les systèmes d’approvisionnement en eau et en énergie, mais aussi les logements publics. Selon des estimations, entre 9 et 11 billions d’investissements sont nécessaires pour satisfaire près de 1,6 milliard de personnes logées dans des conditions précaires. En raison de leur endettement cependant, de nombreux gouvernements sont davantage enclins à nouer des partenariats public-privé. Les institutions de prévoyance et les assurances se révèlent être dans ce cas les meilleures sources de financement. Elles disposent de moyens considérables et sont confrontées depuis des années à une pénurie de placements.

Réfléchir aux futures réglementations

La technologie est souvent accusée de détruire des emplois. Cette tendance n’est pas sans conséquences. Du point de vue de l’investisseur, il est essentiel de réfléchir à la façon dont elle pourrait se répercuter sur de futures réglementations et impositions. À cet égard, les technologies et les innovations qui créent des emplois, augmentent la productivité et améliorent les produits et les services jouent un rôle important.

Les plateformes internet, ainsi que les fournisseurs de technologies basées sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée compteront parmi les principaux bénéficiaires de cette évolution. Les masses de données, toujours croissantes, généreront aussi des possibilités de rendement dans les branches de la cybersécurité et de la gestion de ces données. Les fabricants de semi-conducteurs et de robots profiteront de la quatrième révolution industrielle. Enfin, les technologies de la santé, Internet et le projet de génome humain, dont le but est de décoder notre patrimoine génétique, offrent des possibilités d’investissement dans l’avenir du système de santé.

Les défis du vieillissement

Le vieillissement de la population en Europe, au Japon et en Chine suscite des défis considérables. Il offre aussi des opportunités aux entreprises répondant aux souhaits et besoins des personnes âgées. Les prestataires de loisirs et de vacances – dont les organisateurs de croisières – les fabricants de médicaments, les assurances maladie et vie, les services financiers ou les concepteurs d’habitats accompagnés, favorisant l’indépendance, ont des atouts.

Les «millenials» quant à eux constituent désormais le principal groupe de consommateurs, d’investisseurs et d’électeurs. La durabilité, l’énergie propre et le placement à impact comptent beaucoup à leurs yeux et devraient gagner en importance dans les prochaines années. Ces «natifs» du numérique brisent les modèles traditionnels et modifient les comportements de consommation. Les jeunes de la génération Y pourraient être plus pauvres que leurs parents, ce qui serait une première. Des salaires plus bas et un taux supérieur de travail indépendant augmentent leur sensibilité aux prix. L’inégalité les pousse à réclamer une redistribution des richesses. Des logements abordables deviennent une priorité. Essentiellement urbaine, la génération du millénaire oriente automatiquement sa demande immobilière vers des micro-appartements.

Ces tendances influeront largement sur le monde des placements et, du fait de leur portée, exigent dès maintenant toute l’attention des investisseurs.

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