France Télécom décrochait en Bourse jeudi, après avoir annoncé que sa prévision de croissance du chiffre d'affaires en 2005 s'établissait désormais «entre 2 et 3%», alors que l'opérateur prévoyait jusqu'à présent une croissance «proche de 3%». Le groupe a aussi averti que sa marge brute opérationnelle en 2006 serait amputée «de 1 à 2 points».

De son côté, Deutsche Telekom ne voit pas de raison de revoir ses prévisions de chiffre d'affaires ni de résultats, a confirmé jeudi un porte-parole. Ni celles pour 2006 ou 2007 annoncées par son président, Kai-Uwe Ricke, lors de la présentation des chiffres du 3e trimestre en novembre.

Malgré la concurrence des nouveaux arrivants sur le marché, l'opérateur historique vise à un bond de 5% de ses ventes consolidées cette année pour atteindre plus de 62 milliards de chiffre d'affaires et autant l'an prochain. Il compte parallèlement muscler son offensive commerciale, y compris via sa filiale T-Mobile, qui va proposer des solutions mariant fixe et mobile, attractives en matière tarifaire. Le groupe prévoit aussi de lourds investissements dans la fibre optique pour permettre des connexions Internet nettement plus rapides que l'ADSL.

Le champion espagnol Telefónica assure, lui, que sa situation est très différente de celle de France Télécom. Il rappelle que, lors de la dernière présentation de ses résultats trimestriels, la filiale Telefónica de España (téléphonie fixe en Espagne) a annoncé pour les neuf premiers mois de 2005 une hausse du chiffre d'affaires de 5,1%.

Du coup, le groupe a revu à la hausse sa prévision de croissance pour l'ensemble de l'année. Telefónica oublie toutefois de rappeler que cette performance est essentiellement due à la poussée des recettes assurées par Internet, qui bondissent de 45%. Les revenus provenant du secteur de communications parlées traditionnelles enregistrent pour la même période une baisse de 0,3% et même de 8,6% pour les seules communications domestiques.

Concurrence aiguisée

Pourtant, Telefónica, tout en multipliant les offres de services intégrés, tarde à miser sur la téléphonie par Internet. Elle souligne que ce service n'assure pas de rentabilité et conduit même à se faire concurrence à soi-même. Tout en reconnaissant qu'elle peut stimuler l'accès au haut débit, le secteur le plus porteur de la compagnie.

En Italie, le passage à la téléphonie par le haut débit Internet donne aussi du fil à retordre à l'ancien monopole du secteur, Telecom Italia. D'après ses derniers chiffres rendus publics (situation au 30 septembre 2005), les recettes du groupe italien ont baissé de 3,5% sur un an dans son activité de téléphonie fixe. Un recul qui n'est comblé qu'à moitié par les recettes engrangées avec la forte progression de ses clients Internet haut débit. Le temps passé en téléphonie fixe par les clients de Telecom Italia s'est d'ailleurs réduit en un an de 147 à 137 milliards de minutes.

Et la concurrence promet de s'aiguiser avec, notamment, les ambitions de Fastweb, proposant un accès Internet par fibre optique, voulant fournir 10 millions de foyers à la fin de 2006. Même France Télécom vient chasser sur les terres de Telecom Italia en proposant, via sa filiale italienne Parla.it, de la téléphonie à bas prix via le haut débit. La Tribune/LT