Il n’y a toujours pas d’accord entre Athènes et la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) sur le déblocage de la prochaine tranche d’aide à la Grèce. Pas moins de trois annonces affirmant que les deux parties s’étaient entendues sur un tel accord, faites notamment par le ministre grec des Finances Yannis Stournaras, mais elles ont été finalement démenties. Jeudi encore, l’AFP citait un haut fonctionnaire allemand selon lequel un accord était proche, mais il a été désavoué quelques heures plus tôt. Résultat, la Grèce ne sait pas encore si elle recevra d’ici au 16 novembre les 31,2 mil­liards d’euros dont elle a besoin pour éviter la faillite. A cette date, le pays doit rembourser 5 milliards d’euros.

La récession s’aggrave

Les négociations entre la troïka et la Grèce portent principalement sur le budget pour les deux prochaines années. Le ministre des Finances devrait y inscrire de nouvelles économies à hauteur de 9,4 milliards d’euros. En contrepartie, il demande que la troïka lui accorde un délai de deux ans pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement de réduire le déficit à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2016. Le pays est sous perfusion depuis 2010 et survit grâce à une aide de 240 milliards d’euros.

Si le budget n’est toujours pas sur la table, c’est qu’il n’a toujours pas été approuvé par la coalition gouvernementale. La résistance vient notamment du Pasok (parti socialiste), partenaire minoritaire, dont certains élus ne veulent plus cautionner les nouvelles mesures d’austérité. Jeudi, un de ses députés, Michalis Kassis, a claqué la porte du parti et a rejoint les rangs d’opposants. Cette défection laisse le Pasok avec 32 députés et fragilise aussi la coalition soutenue par 176 sièges sur les 300 que compte le parlement. Ancienne ministre de la Santé, Xenogiannakopoulou a également quitté le Pasok, ce qui fait craindre de nouvelles dissensions. La gauche démocratique Dimar, le troisième partenaire de la coalition, s’oppose également aux nouvelles mesures d’austérité.

L’incertitude politique va de pair avec la dégradation de la situation économique du pays. Les chiffres rendus publics mercredi montrent que la récession va perdurer pour la 6e année consécutive en 2013, avec un recul de –4,5% du PIB. Le chômage a dépassé la barre des 25% en octobre. Le tableau paraît encore plus sombre sur le plan de la dette. Selon le parlement grec, elle pourrait grimper à 192% en 2014 alors que, selon les projections initiales faites par le FMI, elle ne devait pas dépasser les 171%.

La publication de ces chiffres mercredi a relancé la mobilisation sociale et un appel à la grève générale a été lancé pour les 6 et 7 novembre, soit une semaine avant que le nouveau budget ne soit soumis au parlement.

Les investisseurs ont pris la mesure de l’incertitude politique et économique qui plane sur la Grèce. Alors que presque toutes les bourses européennes ont terminé la journée de mercredi en vert, celle d’Athènes a reculé de 5%.