L’émission obligataire à dix ans de la Grèce d’un montant de cinq milliards d’euros a fait l’objet d’une demande d’environ quinze milliards d’euros, a indiqué jeudi à l’AFP une source de marché. La Grèce n’a annoncé que jeudi le lancement, le jour même, d’une émission obligataire sur dix ans visant à rapporter quelque 5 milliards d’euros.

Malgré la forte demande, le montant emprunté lors de cette opération n’excédera pas 5 milliards, selon la demande explicitement formulée par la Grèce, a indiqué Frédéric Gabizon, responsable dette souveraine européenne sur les marchés primaires au sein de la banque HSBC, qui faisait partie des établissements chargés de l’opération. M. Gabizon estime que les conditions financières de l’emprunt sont plus pertinentes que l’ampleur de la demande des investisseurs.

Elles sont plus favorables qu’attendu, avec une marge de 300 points de base (3 points) au-dessus du taux de référence pour les émissions obligataires dans la zone euro, contre 310 initialement prévu par les banques chargées de l’opération.

La Grèce est confrontée depuis plusieurs mois à une crise financière sans précédent qui a renchéri considérablement les conditions d’emprunt du pays. Le pays a besoin de plus de 20 milliards d’euros d’ici mai pour faire face à ses échéances en matière de dette publique. Le déficit public a représenté près de 12,7% du PIB en 2009.

Sous la pression de l’Union européenne, le gouvernement socialiste a pris mercredi des mesures d’austérité draconiennes destinées économiser 4,8 milliards d’euros pour réduire son déficit public et rétablir la confiance des marchés. Ces mesures ont été largement saluées par Bruxelles et par le Fonds monétaire international (FMI).

Jeudi, le gouvernement grec n’excluait pas de recourir au FMI, tout en soulignant que cette hypothèse n’était pas souhaitable. «Le FMI est une possibilité, cela peut nous coûter psychologiquement et sentimentalement, et nous espérons que nous n’en arriverons pas là, mais c’est une possibilité que personne ne peut exclure», affirmait le porte-parole du gouvernement, selon le texte de son interview diffusé par ses services.

Pour que la Grèce «puisse emprunter comme empruntent les autres pays européens», elle demande à ses partenaires «une déclaration claire et nette […] que la Grèce est un pays crédible, sur laquelle tous peuvent compter», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Georges Papandréou doit rencontrer vendredi à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel puis dimanche à Paris le président Nicolas Sarkozy, avant d’être reçu mardi à Washington par Barack Obama.