L’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) se penche à présent sur un financement à court terme pour la Grèce, ce qui lui permettrait d’honorer ses prochains engagements, notamment le remboursement d’une dette de 3,2 milliards d’euros au plus tard le 20 juillet prochain à la Banque centrale européenne (BCE). C’est ce qu’a déclaré le ministre finnois des Finances Alexander Stubb à son arrivée à la réunion de l’Eurogroupe mardi en début d’après-midi. La réunion a été organisée d’urgence suite au référendum de dimanche où une majorité des Grecs ont dit non à l’austérité imposée par les créanciers (Fonds monétaire international, BCE et Commission). Pour le ministre, les Grecs doivent éclaircir la contradiction entre leur opposition aux mesures d’austérité nécessaires exprimée dans les urnes dimanche et leur volonté de rester membres de la zone euro.

Cette réunion d’Eurogroupe est la première d’Euclide Tsakalotos, successeur de Yanis Varoufakis qui a démissionné de ses fonctions lundi. Le nouveau ministre grec des Finances est très attendu; il devrait donner les pistes pouvant conduire à un troisième programme d’aide à la Grèce.

Cependant, peu avant la réunion, le premier ministre maltais Joseph Muscat a déploré que la Grèce n’avait pas présenté de propositions concrètes de réformes par écrit. «L’absence de propositions concrètes de la part du gouvernement grec n’aide pas pour le sommet des dirigeants de la zone euro ce soir», a-t-il indiqué. Les autorités grecques sont venues à l’Eurogroupe sans «lettre», ni document écrit, a confirmé une source européenne proche des discussions.

A l’instar de presque tous les ministres des Finances arrivant à la réunion de l’Eurogroupe, Alexander Stubb a insisté sur le fait que la responsabilité de l’avenir de la Grèce de rester ou de quitter la zone euro appartient au gouvernement grec. «C’est à eux de nous convaincre s’ils sont prêts à réformer l’économie grecque, a déclaré Pierre Gramegna, ministre luxembourgeois des Finances. Nous attendons des mesures précises pouvant remettre l’économie grecque sur les rails et renforcer sa capacité à rembourser ses dettes.»

Très conciliant, Michael Noonan, le premier ministre irlandais, a déclaré comprendre la situation difficile dans laquelle se trouve la Grèce. «Il faut un programme économique, mais aussi une restructuration de la dette. Pour notre part, nous avons profité d’un tel programme, ce qui nous a permis de prendre un nouveau départ», a-t-il dit.

Le commissaire européen Pierre Moscovici, en charge des Affaires économiques, monétaires et Fiscalité, a aussi exhorté les dirigeants grecs à présenter des propositions crédibles, complètes, efficaces afin d’éviter le Grexit: «La sortie de la Grèce de la zone euro serait un échec collectif terrible, mais c’est aux Grecs de dire comment ils souhaitent agir pour éviter le pire.» Il faisait écho à Jean-Claude Juncker qui plus tôt dans la matinée s’était montré décidé à tout faire pour éviter le Grexit. «Ma volonté, mon souhait est d’éviter un Grexit et il est temps de se retrouver à la table des négociations», devait-il ajouter.

Jean-Claude Juncker avait toutefois tenu à rappeler que tout en respectant la volonté populaire grecque, il ne faut pas ignorer celle des 18 autres membres de la zone euro. «Il y a des pays où le niveau de vie est inférieur à celui de la Grèce et qui ont dû faire des sacrifices pour assainir leur économie», a-t-il ajouté.

La veille, François Hollande et Angela Merkel se sont vus à Paris pour tenter de trouver une ligne commune après le vote grec. Le président français et la chancelière allemande ont mis la pression sur le premier ministre grec Alexis Tsipras, exigeant de lui des propositions précises et sérieuses pour pouvoir éventuellement négocier un nouveau plan d’aide mardi soir à Bruxelles.