La Grèce voit enfin le bout du tunnel. En fin de semaine dernière, les médias grecs annonçaient l’émission imminente de nouvelles obligations. Depuis le premier plan de sauvetage en mai 2010, Athènes est exclu du marché de l’emprunt, à l’exception de deux modestes obligations lancées en 2014. Le troisième programme d’aide dont bénéficie le pays actuellement – institué en juillet 2015 pour un montant de 86 milliards d’euros (95 milliards de francs) – prendra fin mi-2018. La république hellénique pourrait faire son retour sur les marchés financiers dès cet été.

Versement conditionnel

Hier vendredi, le Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé un accord de principe de 1,6 milliard d’euros (1,7 milliard de francs) pour soutenir une nouvelle fois la Grèce dans ses échéances de remboursement. Le 15 juin dernier, Bruxelles avait déjà débloqué une tranche de 8,5 milliards d’euros pour permettre au pays d’honorer ses engagements au mois de juillet.

Le FMI incite régulièrement les partenaires européens à renégocier les termes de la dette grecque via une extension de la maturité ou une modification des intérêts. Le montant de 1,6 milliard d’euros évoqué ne sera versé qu’en cas d’accord sur un allégement de la dette grecque entre Athènes et ses créanciers.

Situation financière fragile

Après huit années de restrictions budgétaires, de réformes structurelles et d’austérité, le pays garde une situation financière fragile. La dette s’élève encore à plus de 315 milliards d’euros (337 milliards de francs), soit près de 180% du produit intérieur brut (PIB). Les taux des bons du Trésor grec à dix ans continuent de baisser et s’établissent désormais à 5,27%, bien loin des 37% du mois de mars 2012, au plein cœur de la crise.

Le retour de la Grèce sur les marchés financiers pourrait être ralenti par le montant maximal de son endettement, fixé à 325 milliards d’euros par le FMI et les autorités européennes.

Climat économique plus favorable

Athènes devrait afficher cette année une croissance de 2,1% selon le FMI, et de 2,6% l’année prochaine. La Grèce ne fait plus partie des pays en déficit public excessif – au-delà du seuil de 3% du PIB – mais a réussi au contraire à dégager un excédent budgétaire de 0,7% du PIB en 2016. Pour cette année, Bruxelles a annoncé un déficit public de 1,2% du PIB: «un signal positif de la stabilité financière et la reprise économique dans le pays» pour Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne. Dans un communiqué publié mi-juin, l’Eurogroupe a affirmé que les montants d’aide versés à la Grèce ne servaient désormais plus seulement à rembourser les créanciers européens, mais également à créer «des réserves de liquidités pour renforcer la confiance des investisseurs et faciliter l’accès aux marchés».

Athènes bénéficie actuellement des taux très avantageux du Mécanisme européen de stabilité (MES), dispositif qui supervise les prêts de la zone euro. Mais dès l’été prochain, les coûts de financement pourraient se durcir, avec une hausse probable des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne. La Grèce pourrait imiter Chypre, l’Irlande ou le Portugal, et anticiper son retour sur les marchés avant la fin du programme d’aide européenne.