Quarante-huit heures après le déblocage d’un plan de soutien par ses homologues de la zone euro, la Grèce a lancé ce matin la souscription d’un emprunt de 1,560 milliard d’euros.

L’accueil réservé par les investisseurs internationaux à cette opération a été plus positif que celui offert au précédent emprunt grec sur les marchés. Les souscriptions ont atteint environ sept fois le montant initialement recherché, soit davantage que celles attirées par des opérations similaires en janvier dernier. Ceci a permis au gouvernement Papandréou d’emprunter un peu plus que les 1,2 milliard d’euros initialement attendus de cette émission. Le taux d’intérêt exigés par les marchés a été de 4,55% pour une première tranche de 780 millions et de 4,85% pour une seconde, d’un montant équivalent.

Le total de 1,560 milliard ainsi obtenu reste faible et peu représentatif des besoins financiers du pays: les deux tranches de cet emprunt sont remboursables dans respectivement six mois et un an. Cette émission visait surtout à tester l’attitude des marchés face à la Grèce après la concrétisation du plan européen. Le gouvernement Papandréou doit encore emprunter 11,6 milliards d’euros (12,3 milliards de francs) d’ici la fin mai, afin de pouvoir rembourser d’autres prêts arrivant à échéance. Ensuite le pays aura besoin de trouver 20 milliards supplémentaires d’ici la fin de l’année, afin de pouvoir financer son déficit public.

Cette attitude plus compréhensive des marchés est cependant également confirmée par les rendements moins importants exigés sur l’ensemble des emprunts grecs. Ceux imposés sur les emprunts à dix ans sont retombés ce matin à 6,7%, alors qu’ils avaient atteint un record de 7,5% jeudi dernier. Apparemment les prêts de secours de 45 milliards d’euros mis à disposition ce week-end par les autres pays membres de l’euro – ainsi que le Fonds Monétaire International – rassurent quelque peu. Un répit qui pourrait n’être que temporaire à en croire les spécialistes des marchés – notamment ceux de Goldman Sachs – interrogés ce matin par l’agence Bloomberg. Reste maintenant à savoir comment seront accueillis les plus gros emprunts que doit lancer la République Hellénique avant le 19 mai.

Le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a indiqué aujourd’hui que son pays entendait «continuer d’emprunter sans problème sur les marchés». S’exprimant lors d’un débat au Parlement, le ministre a réitéré que son pays «n’a pas demandé l’activation du mécanisme d’aide» européen annoncé dimanche par les dirigeants de la zone euro.

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