Le premier ministre grec Alexis Tsipras a écrit à ses créanciers internationaux pour accepter, sous condition, leur offre de renflouement publiée le 28 juin, a annoncé mercredi le Financial Times. L’information a été confirmée par les autorités grecques.

Dans sa lettre, Alexis Tsipras demande le maintien d’un taux de TVA plus bas pour les îles grecques, un report de l’augmentation de l’âge de départ à la retraite et un report de la suppression de l’allocation de solidarité aux retraités, précise le Financial Times.

Athènes demande des aménagements «substantiels», a indiqué mercredi une source européenne au fait des discussions. Cette lettre, dont l’existence a été confirmée par plusieurs sources à Bruxelles, sera discutée lors de la conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro mercredi après-midi. Mais «à première vue, les propositions sont plus faibles que celles proposées par les créanciers», a indiqué une source européenne proche du dossier.

Le gouvernement grec a confirmé avoir bel et bien envoyé aux créanciers «une nouvelle proposition qui comprend une série d’amendements» à la leur, accompagnée d’une lettre d’Alexis Tsipras adressée mardi soir à l’Union européenne, à la Banque centrale européenne et au Fonds monétaire international.

«La nouvelle proposition du gouvernement grec demande un nouvel accord qui règle les questions de financement du pays via le Mécanisme européen de stabilité (MES), afin d’assurer une dette viable en mettant l’accent sur une perspective de croissance», a expliqué une source gouvernementale à Athènes.

Cette ultime proposition sera mise au délibéré des membres de l’Eurogroupe, c’est-à-dire des ministres des Finances européens, ce mercredi 1er juillet à 17h30. La décision de la BCE, attendue ce jour, de continuer ou non à soutenir le système bancaire grec, faisait peser la menace d’une faillite presque immédiate des banques grecques, et ce, quelques jours avant la tenue du référendum prévu ce dimanche.

De son côté, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a appelé mercredi la Grèce à «clarifier ses positions» avant d’éventuelles nouvelles négociations sur un renflouement du pays, et estimé qu’il n’y avait à l’heure actuelle «pas de base» pour discuter sérieusement.

«Tout cela ne constitue pas une base pour discuter de mesures sérieuses», a déclaré M. Schäuble à Berlin lors d’une conférence de presse sur le budget de l’Etat allemand. «C’est pourquoi la Grèce doit d’abord clarifier ses positions sur ce qu’elle veut vraiment et ensuite nous devrons en parler, dans un contexte qui s’est nettement dégradé», a-t-il ajouté.

A l’annonce de la proposition formulée par Alexis Tsipras, les bourses européennes ont repris leur marche en avant, voyant ici le signal d’une réelle possibilité d’accord, et l’éloignement d’une sortie de la Grèce de la zone euro.