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L’annonce a été faite par Mario Centeno, qui est ministre des Finances du Portugal et préside l’Eurogroupe.
© AP / OLIVIER MATTHYS

Dette

La Grèce «se tient debout sur ses deux pieds»

Ce lundi, le pays émerge officiellement du troisième des plans d’aide internationaux. Mais avec une dette représentant 180% de son PIB, il n’en a pas tout à fait terminé avec l’austérité et les réformes

La Grèce émerge officiellement lundi du troisième des plans d’aide aussi stricts qu’impopulaires sous lesquels elle vivait depuis 2010. «Pour la première fois depuis début 2010 la Grèce se tient debout sur ses deux pieds», s’est réjoui tôt lundi dans un communiqué Mario Centeno, le président du Conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui a piloté le dernier programme.

Lire aussi: Accord des créanciers sur la dette et la sortie du plan d’aide de la Grèce

Il a considéré l’événement comme le résultat de «l’effort extraordinaire du peuple grec, la bonne coopération avec l’actuel gouvernement grec et les efforts des partenaires européens», qui ont consenti prêts et aménagement de dette.

Le 21 juin 2018, les ministres des Finances de la zone euro ont trouvé un accord pour permettre à la Grèce de quitter la tutelle de ses créanciers le 20 août. Mais toujours plombé par une dette qui a grimpé à près de 180% du PIB, le pays restera soumis jusqu’en 2022 à une «surveillance renforcée».

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La Grèce est le dernier pays, après le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et Chypre, à émerger des plans d’aide internationaux qui leur ont évité de sombrer pendant la crise, et d’entraîner peut-être la zone euro avec eux. Elle a reçu de ses créanciers (FMI, UE et BCE) 289 milliards d’euros de prêts en trois programmes, en 2010, 2012 et 2015, en échange de réformes structurelles violentes dont certains créanciers eux-mêmes reconnaissent aujourd’hui qu’elles n’étaient pas toutes optimales, et qui lui ont fait perdre un quart de son PIB en huit ans, poussant le chômage à 27,5% en 2013.

Une poursuite des réformes conseillée

«Cela a pris plus de temps que prévu, mais je pense que nous y sommes, a ajouté Mario Centeno. L’économie grecque a recommencé à croître [avec un PIB en hausse de 1,4% en 2017], il y a un excédent budgétaire […] et le chômage baisse régulièrement», tout en restant au niveau de 20%.

«Le temps de l’austérité est terminé, mais la fin du programme n’est pas le bout du chemin ces réformes», a cependant prévenu ce week-end le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. Avis partagé par le gouverneur de la Banque de Grèce Yannis Stournaras. «La Grèce a encore un long chemin à faire», a-t-il estimé dans une interview au quotidien Kathimerini dimanche. Il s’est inquiété d’un possible «abandon» de la Grèce par les marchés si celle-ci rétropédale sur ses réformes.

Lire aussi: Charles Wyplosz: «La crise grecque n’est que reportée à plus tard»

Grâce à des aménagements de dette, essentiellement l’allongement de la durée de remboursement, obtenus auprès de ses pairs européens en juin, la Grèce estime cependant que ses besoins de financement seront couverts jusqu’à fin 2022, ce qui lui permettra de n’aller solliciter les marchés qu’aux moments propices.

L’asphyxie des Grecs

Mais sa dette est toujours de 180% de son PIB, et le FMI la juge insoutenable à terme. Le gouvernement rétorque que ses besoins de financement resteront cantonnés sous les 20% du PIB recommandés par l’UE. La dette grecque «n’est pas insoutenable» assure un officiel grec, mais au contraire «hautement soutenable».

Le premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras a choisi, selon la presse pro-gouvernementale, de s’exprimer à la télévision plutôt mardi, premier jour de l’après-programme. Celui qui n’a eu d’autre choix depuis son arrivée en janvier 2015 que de gouverner dans le cadre des plans, devant même accepter de nouvelles réformes en 2019 et 2020, et le maintien d’une surveillance du pays par ses créanciers pendant plusieurs années, avait indiqué en juin qu’il voudrait désormais instaurer plus de «justice sociale».

Selon un expert, il faut «une très forte croissance»

Car l’amélioration des chiffres ne se traduit pas encore dans la vie quotidienne des Grecs. «Les plans d’aide sont terminés, mais ni les chaînes ni l’asphyxie», estimait dimanche le journal d’opposition To Vima.

Les économistes, comme le Pr Nikos Vettas, jugent «impératif» de générer désormais «une très forte croissance», sans quoi «les ménages, déjà très affaiblis par dix ans de récession, continueront à souffrir».

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