crise

Les Grecs lâchés par PayPal, Amazon et iTunes

Les sites de paiement en ligne sont bloqués en raison du contrôle des capitaux

Les Grecs n’ont plus accès aux services de PayPal, d’Amazon et d’iTunes

Crise Les sites de paiement en ligne sont bloqués en raison du contrôle des capitaux instauré par le gouvernement d’Athènes

Comme si les restrictions bancaires ne suffisaient pas. Les Grecs ne peuvent désormais plus utiliser les sites de paiement en ligne PayPal, Amazon ou iTunes. Le contrôle des capitaux – retraits maximum de 60 euros par jour – s’applique aussi aux cartes bancaires. En conséquence, les Grecs sont incapables d’utiliser leurs fonds pour financer des achats en ligne, comme le rapporte le site financier Quartz.

La nouvelle a été confirmée jeudi par un porte-parole de PayPal: «En raison du contrôle des capitaux décrété par les autorités grecques, le financement d’un portefeuille PayPal depuis un compte grec tout comme les transactions transnationales, financées par n’importe quelle carte ou compte, sont actuellement indisponibles.»

Un nouveau coup dur pour les commerçants grecs qui se voient ainsi privés d’un outil de paiement leur permettant de contourner les restrictions en vigueur dans le pays. C’est également une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui auraient vendu des biens et services sur Internet à des Grecs. La recette sera en effet bloquée jusqu’à la levée du contrôle des capitaux qui devrait avoir lieu, en principe, demain, après le référendum sur les mesures d’austérité.

Fièvre du bitcoin

Ce coup d’arrêt aux services de paiement en ligne illustre à quel point ces plateformes restent dépendantes des banques traditionnelles qu’elles entendaient remplacer, du moins pour les activités de transfert monétaire.

Face à l’incertitude, beaucoup de Grecs se sont tournés vers le bitcoin. Le mois passé, les échanges de cette monnaie digitale ont progressé de 300% en Grèce. La plateforme allemande Bitcoin.de a enregistré cette semaine jusqu’à dix fois plus d’inscriptions en provenance de la Grèce, comme avancé par CNN. Le site polonais Bitcurex.com propose, lui, une promotion à tous les citoyens grecs: trois mois de commerce de bitcoins sans payer aucune taxe.

Une ferveur a priori surprenante puisque très peu de commerces helléniques acceptent les paiements via cette monnaie digitale. La Grèce a en effet accueilli son premier distributeur de bitcoins à la mi-juin. Niklas Nikolajsen, directeur de Bitcoin Suisse, un fournisseur de guichets automatiques bancaires pour cette monnaie virtuelle, n’est guère surpris: «On a vu les mêmes tendances lors de la crise chypriote. Lorsque vous placez votre argent dans une banque, vous n’en êtes pas réellement propriétaire. En cas de crise, il est utile de détenir un pourcentage de sa fortune en bitcoin. Il n’y aura jamais de restriction de retrait et il pourra être échangé contre n’importe quelle monnaie locale.»

Après avoir atteint des sommets en 2013, le bitcoin a subi d’innombrables corrections de sa valeur au cours des deux dernières années. Malgré cette forte volatilité, le bitcoin semble rester une monnaie intéressante pour tous ceux qui craignent un retour à une drachme promise à une forte inflation.

Publicité