Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La manufacture Greubel Forsey, au Crêt-du-Locle (NE)
© DR

Horlogerie

Greubel Forsey part en quête de l’infiniment petit

La marque horlogère chaux-de-fonnière affirme être entrée dans une «nouvelle ère de la mécanique». Son laboratoire de recherches a trouvé le moyen de simplifier et de miniaturiser considérablement les mouvements horlogers

Sur le papier, il n’y en avait que pour la Grande Sonnerie. Au Salon international de Haute horlogerie (SIHH) qui se tenait la semaine dernière à Genève, Greubel Forsey a présenté un garde-temps mécanique d’exception. Une pièce d’une infinie complexité valant plus d’un million de francs, fruit de onze ans de recherches, et une fierté manifeste pour les deux cofondateurs de la marque chaux-de-fonnière née en 2004. Dans les faits, cette nouveauté a presque été éclipsée par une autre annonce.

Ce début d’année, Robert Greubel et Stephen Forsey ont en effet rendu public un nouveau concept baptisé «Mécanique-nano». Une technologie qui, à en croire les deux compères, marquerait «un nouveau chapitre dans l’histoire horlogère».

De 3 à 180 jours de réserve de marche

Concrètement, ils sont partis d’une réserve d’énergie traditionnelle (le barillet) et sont arrivés à l’affichage traditionnel (les aiguilles) mais toute la mécanique intermédiaire du mouvement a été repensée. «Ce n’est pas juste une miniaturisation. C’est carrément un nouveau langage, de nouvelles formules», martèle Robert Greubel, rencontré durant le SIHH.

Les détails de cette technologie restent pour l’heure inconnus. «Nous ne pouvons pas encore montrer tout ce qu’il y a à l’intérieur de cette boîte noire pour des raisons de brevets», regrette Stephen Forsey. Mais les fruits de cette découverte tiennent déjà en une poignée de chiffres.

De 3 jours, le même barillet peut désormais faire fonctionner une montre durant 180 jours. La petitesse du mécanisme offre 90% de volume supplémentaire dans le boîtier. Et trois fois moins de composants sont nécessaires pour mettre en place ce dispositif. Stephen Forsey résume: il est devenu possible de faire vivre un mécanisme horloger «en exploitant exclusivement la force délivrée par un courant d’air à l’intérieur d’un mouvement».

«Révolution mécanique au sens large»

Cette «mécanique-nano» a été développée ces dix dernières années par EWT – «Experimental Watch Technology», un laboratoire de recherches et développement interne à la marque aux 108 employés – pour un coût de plusieurs millions de francs. Un premier garde-temps fonctionnant avec ce dispositif sera présenté «dans un avenir proche». Mais l’objectif est désormais aussi d’intéresser d’autres marques aux volumes plus importants (Greubel Forsey ne vend qu’une centaine de pièces par année) voire même d’autres industries.

Le potentiel de cette mécanique-nano est immense. C’est une révolution mécanique au sens large.

«Le potentiel de cette mécanique-nano est immense. Cela dépasse l’horlogerie; c’est une révolution mécanique au sens large. Ces dernières années, notre industrie allait grappiller des innovations chez d’autres; la tendance pourrait maintenant s’inverser», se réjouit Robert Greubel.

Un chemin «encore long»

«Au niveau du gain de place et de l’efficacité de la pièce, c’est extrêmement prometteur», confirme Olivier R. Müller, consultant horloger qui a approché ce nouveau dispositif durant le SIHH. Mais il met en garde: «Quand on est dans ce registre d’innovation révolutionnaire, de rupture, il faut qu’il y ait une utilité pour la grande série. Pour l’heure, nous en sommes encore au niveau du prototype et le chemin devant Greubel Forsey est encore long.»

Un avis partagé par la plupart des spécialistes interrogés sur cette innovation. Mais l’excellente réputation dont jouit la marque Greubel Forsey dans l’industrie – tant pour la fiabilité que pour la qualité de ses montres – est un gage de sérieux. «Ce ne sont pas des beaux parleurs. Et ils ont largement assez de compétences à l’interne pour mener ce projet à bien», estime Olivier R. Müller.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)