La direction d’Air France a haussé le ton jeudi, au deuxième jour d'une semaine de grève des hôtesses et stewards qui entraînait davantage d'annulations de vols que la veille. Elle a dénoncé un mouvement «regrettable et agressif». Plusieurs liaisons avec la Suisse ont été supprimées.

En plein pic estival, Air France a prévu le maintien de «près de 80%» de ses vols, contre 83% mercredi. Dans le détail, la compagnie tablait sur «plus de 90%» de long-courriers assurés, «plus de 70%» de moyen-courriers et «plus de 80%» de vols intérieurs.

Au départ de l'aéroport parisien de Roissy, 79 vols moyen-courriers et six long-courriers ont été annulés jeudi, ainsi que 78 moyen-courriers et sept long-courriers à l'arrivée, selon des sources aéroportuaires. A Orly, 28 vols sur 86 prévus au départ ont été annulés et 31 sur 85 à l'arrivée.

La Suisse touchée

Concernant le trafic avec la Suisse, cinq vols de Paris pour Genève ont été annulés et trois dans le sens inverse, selon un pointage effectué par l'ats sur le site de Cointrin. Pas d'annulation en revanche pour les liaisons avec l'aéroport de Zurich et l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse.

Plus 80% des vols assurés vendredi

Pour vendredi, la compagnie prévoyait le maintien de «plus de 80%» de ses vols, l'appel à la grève devant être suivi par 37% du personnel navigant commercial (PNC), selon elle.

Le SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié des PNC, accusent eux la direction de «désinforme(r) outrageusement» en minorant le taux de participation. Le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils.

L'accord d'entreprise en jeu

En grève jusqu'au 2 août, hôtesses et stewards protestent contre la reconduction pour 17 mois de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière. L'accord actuellement en vigueur arrive à son terme le 31 octobre.

Les cinq syndicats qui appellent à la grève jugent «insuffisante» la durée proposée. Ils ont assuré que le mouvement allait «monter en puissance».

«Risque de déclin»

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM Jean-Marc Janaillac a haussé le ton en dénonçant un mouvement «regrettable et agressif». Il y a une «disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé», estime le dirigeant.

«L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés (...). Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin», selon Jean-Marc Janaillac.

A l'inverse, les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans.