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Les grévistes de Symetis exigent un plan social décent

Une cinquantaine d’employés de la société vaudoise ont débrayé mardi. Ils veulent que le syndicat Unia participe à l’élaboration de leur plan social

Le soleil a fait son retour pour accompagner le mouvement de contestation des employés de Symetis. Une cinquantaine de personnes sont rassemblées devant une entrée de l’entreprise basée à Ecublens. Leur débrayage survient deux semaines après l’annonce par Boston Scientific, leur société mère, de la délocalisation en Irlande de la société active dans les technologies médicales.

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Négocier une sortie honorable

Une enceinte diffuse de la musique aux accents nord-africains, le risotto préparé pour midi fume, un représentant du syndicat Unia lit un message de soutien envoyé par l’une des coordinatrices de la grève des femmes du 14 juin. Les personnes présentes ne sont pas là pour sauver leur emploi, car elles ont compris que leur destin était déjà scellé. Elles se mobilisent avant tout pour négocier une sortie honorable.

«Le problème, c’est qu’à nos yeux la procédure de consultation n’a jamais été ouverte, tempête Noé Pelet, responsable du secteur industrie chez Unia Vaud. La direction ne reconnaît pas le droit des employés à être représentés par notre syndicat, ce qui enfreint clairement les dispositions légales.»

La direction a adopté la technique de «diviser pour mieux régner»

Interrogés, les grévistes confirment: «Nous n’avons pas d’expérience dans ce genre de discussions et nous voulons que nos droits soient correctement défendus», témoigne un membre de la logistique qui travaille depuis cinq ans chez Symetis. «La direction a adopté la technique de «diviser pour mieux régner», poursuit Steven Marchou, inspecteur qualité et délégué syndical au sein de l’entreprise: «Des personnes sont convoquées séparément et reçoivent des offres personnalisées. Des séances plénières sont bien organisées, mais tout ce qu’on nous dit, c’est de mettre des propositions dans une boîte à idées.»

Pour la direction, la procédure de consultation a bel et bien débuté. Elle doit même s’achever le 16 décembre, selon les informations d’Unia. Interpellée, Boston Scientific ne confirme pas cette date et dit privilégier dans un premier temps le dialogue avec les employés.

Une pépite de la Health Valley

Il y a un peu plus de deux ans, le rachat par le groupe américain de Symetis devait assurer l’essor de la jeune société qui a mis au point un système d’implantation de valves cardiaques non invasif. L’acquisition avait fait avorter la préparation d’une entrée en bourse, ce qui n’empêchait pas les signaux d’être teintés de vert jusqu’à cet été.

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«Je suis arrivé en juillet car depuis le début de l’année Boston Scientific a beaucoup engagé», indique Steven Marchou. «Le groupe prévoyait d’augmenter la production grâce à une deuxième équipe. Mais cela ne s’est jamais fait.» Une première série de dix licenciements est annoncée en septembre dernier. «On nous a ensuite assuré que les effectifs resteraient tels quels pour 2020», conclut le délégué syndical.

La suite est connue. Le 20 novembre, les 120 employés de l’entreprise apprennent que la société produira à l'avenir à Galway, en Irlande, ce qui entraîne leur licenciement collectif. Ils demandent à être représentés par Unia mais se heurtent à un refus catégorique. Contacté, le canton de Vaud confirme le droit des employés à être représentés par un syndicat en l’absence de commission du personnel. Mardi soir, Unia a communiqué  que l’assemblée générale du personnel a décidé de reconduire la grève pour le mercredi 11 décembre.

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