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Environ 200 journalistes des titres romands de Tamedia manifestent à Lausanne contre la disparition du Matin papier
© KEYSTONE/Valentin Flauraud

Presse

Les grévistes de Tamedia tiennent tête à leur direction

Malgré un ultimatum de leurs dirigeants, les grévistes des titres romands de Tamedia maintiennent leur action entamée mardi. Ces derniers s'insurgent contre la disparition du «Matin» papier et des suppressions de postes liées

«Tamedia tue vos médias», «On se bat pour nous mais surtout pour vous», «Sauvons la presse». Voilà les slogans scandés en coeur par environ 200 grévistes de 24 Heures, du Matin, du Matin dimanche et de la Tribune de Genève , lors d'une manifestation mercredi midi à Lausanne en réaction à la disparition du Matin papier et des suppressions de postes liées.

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Menace de Tamedia

La direction du groupe de presse avait pourtant menacé dans la matinée de licencier les salariés qui poursuivraient la grève après 11h. «C’est insupportable de nous menacer comme cela», s’indigne Thierry Brandt, chef d’édition en semaine du Matin licencié jeudi dernier. «Ils essaient de nous faire peur, comme ils le font depuis des semaines, estime une autre journaliste. Mais nous restons unis et ne nous laissons pas faire».

Karim di Matteo, président de la société des collaborateurs de 24 Heures et actif dans les pourparlers de ces dernières semaines, voit dans cette journée de grève, la première de cette ampleur dans l'histoire de la presse romande, une nouvelle étape dans le processus de négociation. «On a senti qu'on a franchi un cap. Il y a désormais une détermination de tous nos collaborateurs, y compris les postes techniques, pour dire «stop» à cette politique et faire revenir Tamedia à la table des discussions.»

Pour expliquer le soutien à leurs collègues licenciés du Matin, les journalistes des autres titres romands de Tamedia (à part 20 Minutes, qui ne prend pas part à la grève) soulignent la politique globale de leur employeur. Ils évoquent également un plan de restructuration qui les touchera, selon eux, dans un avenir proche.

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Large mobilisation 

Devant les grévistes réunis à la gare de Lausanne, Urs Talmann, directeur du syndicat Impressum, qui soutient la grève, a souligné le «courage des rédactions». Selon lui, Tamedia a «balayé» les alternatives proposées pour éviter la mort du Matin. Il a en outre qualifié Tamedia de «violeur des partenariats sociaux».

Les grévistes ont ensuite remonté l’avenue de la gare, armés de sifflets et notamment d'une banderole «Tamedia vous coupe du monde». Devant la tour Tamedia, destination du défilé, syndicalistes, journalistes et politiciens (aussi bien des Verts que de l'UDC, en passant par le collectif SolidaritéS) se sont relayés au micro pour apporter leur support au mouvement.

La conseillère d'Etat Géraldine Savary, ancienne chroniqueuse pour Le Matin et lectrice inconditionnelle du quotidien orange, était aussi présente pour soutenir le titre. «Les quotidiens supracantonaux sont nécessaires à la cohésion nationale, souligne-t-elle. Or, avec la disparition du Matin, il ne reste plus que Le Temps pour remplir cette tâche.» La socialiste condamne également la procédure employée par l'éditeur zurichois: «Licencier des gens en procédure de négociations, ce n'est pas correct. En Suisse, la solution passe par le dialogue et non la menace.»

Journaux réduits

A l’image des édition de mercredi, les titres concernés par la grève devraient maintenir la parution de jeudi, mais avec des journaux largement réduits. A 17h aura lieu l'assemblée générale des collaborateurs Tamedia pour décider de la suite des événements. «Si notre direction accepte de revenir discuter avec nous, on acceptera probablement de cesser la grève», prévoit Karim Di Matteo. 

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