Vêtements

La griffe Yendi demande sa mise en faillite

La chaîne de magasins de vêtements, dont le siège se situe à Bulle, emploie près de 500 personnes en Suisse

Le logo noir et rose de Yendi ne passe pas inaperçu le long de l’autoroute A12, à hauteur de Bulle. Mais les couleurs de l’entreprise ont brusquement pâli. La chaîne de magasins a en effet demandé mardi l’ouverture d’une procédure de faillite. Quelque 500 emplois sont concernés, dont une centaine au siège bullois où sont regroupées l’administration et la logistique.

La marque Yendi est bien connue des jeunes pour ses vêtements bon marché et ses collections régulièrement renouvelées. Créée en 1976 par Noël et Patricia Wicht, l’enseigne a connu ses heures de gloire et multiplié les points de vente dans toute la Suisse. Sauf que la concurrence est rude dans ce segment, entre les marques mais aussi en raison de la croissance du commerce en ligne. L’an dernier, les fondateurs de Yendi ont vendu l’affaire à deux membres de la direction. Lesquels ne sont pas parvenus à redonner du souffle à l’entreprise. Ils ont aussi tenté, en vain, de trouver un acquéreur pour reprendre l’entier du groupe ou une partie du réseau de vente.

«Désinformation»

Syndicaliste à Unia, Armand Jaquier confie qu’il a rendez-vous avec la direction mardi prochain. Mais il est remonté. Les poursuites se sont accumulées, des baux à loyer ont été dénoncés, certains magasins n’étaient plus réapprovisionnés, «mais la direction a caché les problèmes à son personnel. Elle se montrait rassurante alors que la situation était alarmante. Les employés se retrouvent aujourd’hui dans une situation difficile», explique-t-il. Selon l’ATS, la direction a adressé un courrier interne à ses employés, leur demandant de poursuivre le travail de leur mieux, de manière à vendre le plus de marchandise possible dans l’intérêt de tous.

En effet, étant donné que la faillite a été demandée mais qu’elle n’a pas encore été prononcée, le personnel est encore sous contrat de travail, précise Armand Jaquier. «Unia va exiger des garanties de salaire», assure-t-il. Le syndicaliste estime également que le fondateur et ancien propriétaire de la marque doit faire preuve de solidarité et participer au financement de mesures d’accompagnement.

Mauvaise série

Syndic de Bulle, Jacques Morand indique n’avoir pas eu de contacts avec les responsables de Yendi. «Nous savions que la marque connaissait des difficultés, mais pas qu’elle était aussi proche du gouffre», déclare-t-il. A la tête d’une commune en pleine croissance démographique, Jacques Morand déplore évidemment cette importante perte d’emplois. «C’est une casse pour Bulle, pour la région et pour toute la Suisse» dit-il.

Au siège, il s’agit d’emplois spécifiques à l’enseigne, comme la réception de marchandises, le conditionnement, l’étiquetage, qui n’ont guère d’équivalents, explique le syndic de Bulle, qui ne voit pas comment les pouvoirs publics pourraient intervenir. Reste que pour Fribourg, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Il y a un mois, c’est l’entreprise Billag, installée au coeur de la capitale fribourgeoise, qui perdait son mandat pour la perception de la redevance radio/TV. Près de 230 emplois en dépendent.

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