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Monnaie

La grippe passe aussi par les billets de banque

Le virus résiste jusqu’à 17 jours sur une coupure. Il y en a 340 millions en Suisse

Sentinelle, le système de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui recense les patients présentant une affection grippale, est en mode «largement répandu». La semaine dernière, 58 «suspects» pour 1000 consultations étaient décomptés. Un pic.

Principaux vecteurs de la maladie, les particules en suspension que s’échangent deux personnes à proximité. Mais aussi, les billets de banque. Selon une étude de référence, réalisée en 2008 par le virologue des HUG Yves Thomas, le virus de la grippe peut rester dix-sept jours sur une coupure. Dans un scénario optimal certes, mais pas extravagant, précise Yves Thomas.

«Nous avons démontré que les supports de notre environnement, comme une poignée de porte, peuvent jouer un rôle non négligeable dans la transmission», généralise le spécialiste. Sauf que les coupures ont deux particularités qui favorisent la contagion. D’abord, elles sont «non poreuses», imperméables et donc beaucoup plus favorables à la stabilité du virus. Ensuite, elles se transmettent entre inconnus, entre «foyers qui ne sont pas familiers», poursuit le virologue. Les plus exposés? Les employés de banque, les caissiers des supermarchés, les commerçants en tout genre…

Recul de la monnaie physique

Et, en moyenne, combien de personnes touchent le même billet, en 17 jours? La Banque nationale suisse (BNS) n’a pas fait ce calcul. Mais elle indique que la durée de vie d’une coupure – contaminée ou non – varie fortement selon sa valeur. Ainsi, celles de 10 francs vivent environ trois ans, avant de passer au broyeur puis à l’incinérateur. Celles de 20 et 50 francs trépassent après deux bonnes années, alors que les coupures de 1000 francs dépassent 14 ans d’âge.

On estime qu’entre 20 et 100 millions de numéraires sont échangés chaque jour en Suisse. Et qu’en 2011, 336 millions de billets en francs suisses étaient dans le circuit. Dont environ un sur cinq était des nouvelles coupures.

La BNS précise aussi que la part de la monnaie physique par rapport au PIB a été divisée par deux depuis les années 1960, à 8% aujourd’hui. La faute aux progrès des technologies de paiement.

La valeur des billets en circulation a tout de même augmenté de 55 395%, par rapport à 1907. Et de 15% par rapport à 2009. «La quantité de billets est déterminée par la demande et ne découle pas de la politique monétaire», insiste la banque centrale qui, pour défendre le taux plancher, active ce que l’on a pourtant coutume d’appeler la planche à billets.

Alors, les billets de banque, transporteurs de grippe? C’est en tout cas «un bon modèle d’étude», répond Yves Thomas. Heureusement, la forte proportion de grosses coupures – 19% des billets sont des 1000 et des 200 francs – fait dire à la BNS que les billets ne font pas que circuler mais qu’ils font aussi l’objet d’une importante thésaurisation. Sous le matelas, pas de virus influenza; des acariens.

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