Après une grève, des licenciements, une médiation et sa rupture, le management de Swissmetal a remporté son combat. Il a été massivement soutenu par les gros actionnaires lors de l'Assemblée générale vendredi à Berne. Les plus petits d'entre eux n'ont pas pesé lourd par rapport aux investisseurs comme le fonds d'investissement Laxey, propriétaire de 20% du capital de Swissmetal. Cent douze actionnaires se sont déplacés pour l'occasion, soit 43,8% du total des voix.

Stratégie critiquée

Les deux plus importants points à l'ordre du jour ont été acceptés à une majorité soviétique. Ainsi, l'augmentation du capital autorisé de 23 millions de francs, dans le but de réaliser des acquisitions et de lancer un programme d'actions pour les collaborateurs, a été approuvée par 98,08% des voix.

Ralph Glassberg, directeur de Avins Industrial Products (Avins), société américaine de distribution que Swissmetal compte racheter, a été élu à 99,86% membre du conseil d'administration. Tout comme Roger Bühler, responsable des investissements de Laxey. «Nous nous engageons auprès de Swissmetal pour plusieurs années. Je compte contribuer au développement de la société grâce à mes compétences dans les rachats de sociétés, la création de coentreprises. Aujourd'hui, la concurrence de Swissmetal est externe. Elle ne doit plus être interne», relève Roger Bühler.

Les petits actionnaires, souvent d'anciens collaborateurs de la «Boillat», n'ont pas ménagé le management et le conseil d'administration. Ainsi, douze d'entre eux ont pris la parole avant de voter sur le premier point à l'ordre du jour: l'approbation du bilan de 2005. «Il faut refuser les résultats présentés par Swissmetal. En licenciant un nombre important de cadres, le savoir-faire est perdu. Cela a des répercussions sur la clientèle, ce qui va à l'encontre de la stratégie d'une entreprise», déclare l'un d'entre eux. Un autre actionnaire, et par ailleurs client, renchérit: «J'aimerais savoir quand je pourrai recevoir les produits que j'ai commandés.» Friedrich Sauerländer, le président de Swissmetal, répond directement. «Je suis prêt à rencontrer chacun des clients pour améliorer la situation.» Un petit actionnaire enchaîne. «L'acquisition d'Avins ne fait pas partie de la stratégie présentée par le management, car la compagnie n'a pas de site de production.»

Martin Hellweg, patron de Swissmetal, se défend. «Les Etats-Unis constituent l'un de nos marchés clés, raison pour laquelle ce rachat a été effectué.» Un gros actionnaire enchaîne, voulant remettre les pendules à l'heure. «Le monde a changé. Chez Volkswagen, 10000 personnes ont été licenciées sans qu'une grève se produise. Nous avons fait preuve de patience avec «la Boillat», mais celle-ci est limitée.» Le site de Reconvilier ne disparaîtra pas pour autant. Pour Roger Bühler, ce serait «insensé».