Incontestablement, le groupe Bobst a recueilli en 1997 les fruits de sa méticuleuse organisation à l'échelle mondiale. Lundi, à l'occasion de la conférence de presse de résultats, le leader pour l'industrie d'emballage et des arts graphiques, a annoncé une progression de 13,1% de ses ventes à 1,361 milliard de francs, dont 5,8% sont à mettre au crédit d'une évolution favorable des taux de change. Dans le sillage, le cash-flow consolidé s'est établi à 149,9 millions de francs (+19,6%) et le bénéfice net bondit de 31% pour atteindre 88,7 millions. Au niveau des effectifs, le groupe emploie 4792 personnes (-84) dans le monde et 2775 en Suisse.

Le volume des commandes enregistré durant les douze derniers mois laisse présager un exercice 98 de bonne qualité. Les dirigeants vaudois estiment entre 2 et 5% la progression des ventes, et cela malgré les effets négatifs de la crise en Asie, «la reprise des marchés européens et nord-américains compensant le manque de croissance asiatique». L'augmentation du bénéfice devrait être comprise entre 5 et 10%.

Pour asseoir son développement, Bobst mise sur son implantation mondiale, la qualité de ses nouveaux produits et de ses services. Claude Currat, directeur du département commercial: «Vendre des machines, ce n'est pas seulement livrer des produits finis et assurer le service après-vente. Pour garder une longueur d'avance sur ses concurrents, nous avons mis au point le concept de produits de service.» Cela signifie que Bobst tente d'offrir ses compétences dans un partenariat à long terme. Le but: fidéliser le client en restant constamment à ses côtés.

A ce niveau, l'implantation du groupe sur les cinq continents est un atout. A témoin, les résultats remarquables enregistrés par l'antenne basée à Tunis pour la zone Afrique et Moyen-Orient: en douze mois, la part aux entrées de commande est passée de 4 à 10%. «Ses 15 membres ont été formés à Lausanne et parlent arabes, anglais et français,» décrit Philippe de Preux, directeur des ventes et du marketing.

La recette semble d'ailleurs tellement bonne, que Bobst a ouvert deux sociétés de ventes sur le même modèle: une à Mexico, couvrant le nord de l'Amérique latine et les Caraïbes et une autre à Moscou pour les pays de la CEI. Cette dernière entend notamment profiter de l'implantation toujours plus nombreuses des multinationales de l'agroalimentaire dans la région.

Outre la croissance interne, Bobst envisage toujours de procéder à des acquisitions. Mais jusqu'à présent, aucune des sociétés analysées «n'a répondu aux critères sévères, notamment en matière de rentabilité, que nous avons définis,» a regretté Hanspeter Möckli.

Rentabilité améliorée

A part la bonne marche des affaires, Andreas Koopmann, président de la direction générale du groupe vaudois, a tenu à mettre en évidence la meilleure rentabilité des fonds propres. Celle-ci est passée de 7,9% à 9,6%, soit «un niveau élevé dans le secteur.» A coup sûr, les actionnaires tirent ici profit du remboursement partiel de 10% du capital (5,6 millions de francs) ainsi que du rachat d'actions qui ont été opérés en 1997. Pour ce dernier, 6,8% du total des actions a été souscrit, soit 87 millions. Au total, Bobst a remboursé quelque 93 millions.

Malgré ces deux opérations, les fonds propres représentent toujours 60% du total du bilan du groupe. Une structure «solide» qui lui permet de recommencer en 1998. C'est pourquoi, à côté d'une augmentation du dividende de 21 à 25 francs par action nominative et de 42 à 50 francs par titre au porteur, le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale du 16 juin, «le remboursement de 5 francs pour les nominatives et de 10 pour les porteurs, par réduction de valeur nominale des actions», a expliqué Hanspeter Möckli, directeur des finances.

Changements au conseil d'administration

Les actionnaires devront encore entériner les modifications prévues au conseil d'administration. Figure de proue du groupe vaudois, Bruno de Kalbermatten, actuel président du CA, a décidé de se retirer. Le conseil prévoit de nommer Marc Cappis comme nouveau président et Andreas Koopmann et Thierry de Kalbermatten comme administrateurs-délégués. A noter encore que Robert Favarger ne sollicitera pas de nouveau mandat.