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Endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, le conglomérat chinois HNA se trouve dans une situation critique.
© JASON LEE/REUTERS

Financement

Le groupe chinois HNA est au bord de l'asphyxie

Endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, le conglomérat ne parvient même plus à payer ses factures. Cela a déjà eu un impact sur les entreprises suisses qu’il possède

Fin décembre, Wang Jian, le président du conglomérat chinois HNA, s’est rendu en Antarctique dans son jet privé pour déposer un bouddha doré sur le pôle Sud. La firme, qui a multiplié les acquisitions depuis 2015, s’emparant notamment des suisses Swissport, Gategroup et Dufry, a bien besoin d’un peu de bonté divine. Endettée à hauteur de 100 milliards de dollars, elle se trouve dans une situation critique.

Mi-mars, elle a raté une échéance pour rembourser une dette de 3 milliards de yuans (450 millions de francs) envers China National Aviation Fuel Group, une entreprise étatique qui lui a vendu du fuel pour alimenter les avions de la douzaine de compagnies aériennes qu’elle opère. Le conglomérat doit aussi de l’argent à plusieurs sociétés de leasing d’avions. Il peine en outre à lever des nouveaux fonds car la plupart des banques ont cessé de lui prêter de l’argent. Seul China Citic Bank et Bank of China, des institutions étatiques, continuent de lui octroyer du crédit, sur ordre du gouvernement qui craint une faillite.

Vente d'actifs

HNA s’est donc résolu à se défaire d’une partie de ses actifs. La semaine dernière, il a vendu ses parts dans Hilton Grand Vacations pour 1,1 milliard de dollars. En février, il se défaisait de trois lots de terrain destinés à des projets immobiliers de luxe en bordure de la baie de Hongkong pour 21,5 milliards de dollars hongkongais (2,6 milliards de francs). Des bâtiments à New York, Londres, Sydney et Shanghai, deux sociétés immobilières basées à Hainan, l’île tropicale où HNA a vu le jour en 2000, ainsi que des parts dans les groupes hôteliers Park Hotels & Resorts, NH Hotel Group et Red Lion Hotels font également partie de ce grand débarras.

A cela s’ajoute une vague de licenciements qui a démarré début février, juste avant le Nouvel An chinois. HNA envisagerait de supprimer 100 000 emplois, soit un quart de sa force de travail, selon REDD, une société d’intelligence financière.

Quel sera l’impact de ces mesures sur les filiales suisses du groupe? Swissport a récemment octroyé un prêt à HNA avec une maturité au 7 mai 2018, indiquait son directeur, Eric Born, au Temps le 7 mars. L’entreprise de services aéroportuaires a déjà fourni 400 millions d’euros à sa maison mère en août dernier, dont seuls 52 millions ont été remboursés à ce jour.

Mauvaises surprises pour Swissport et Gategroup

L’été dernier, Swissport a en outre eu la mauvaise surprise de découvrir que son nouveau propriétaire avait engagé une partie de ses actions en tant que garantie pour obtenir une ligne de crédit. Cela l’a placé en contravention de ses obligations face à ses propres créditeurs.

Le spécialiste des repas dans les avions Gategroup est lui aussi devenu une victime collatérale des ennuis financiers du groupe chinois: mi-février, Standard & Poor’s a réduit sa notation de crédit aux côtés de celle de HNA en évoquant «la détérioration de son profil de liquidités». Dufry a de son côté vu 5,6% de ses parts tomber dans l’escarcelle du hedge fund activiste Elliott en décembre, après que ce dernier se fut emparé d’un paquet d’actions placé par HNA dans un equity collar, une stratégie financière destinée à lui permettre de lever des fonds.

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