Le groupe cimentier Holcim poursuit sa croissance. Les résultats présentés hier à Oerlikon (ZH) par le numéro deux mondial derrière le groupe français Lafarge sont excellents. «Durant l'année 2004, l'économie mondiale a gagné en dynamique. La demande pour nos produits a progressé dans toutes les régions. Grâce à un quatrième trimestre performant, nos pronostics pour les bénéfices ont été largement dépassés», s'est réjoui Markus Akermann, patron du groupe actif dans plus de 70 pays.

Le chiffre d'affaires net est en hausse de 4,9% à 13,2 milliards de francs. Les marges avant intérêts, taxes, dépréciation et amortissements (EBITDA) sont aussi en hausse. Elles s'élèvent à 27,2%, soit une progression de 0,9% par rapport à 2003 (26,3%). Le bénéfice net du groupe employant 46 170 personnes à fin décembre a lui aussi pris l'ascenseur. Il a atteint 914 millions de francs, soit 33,2% de plus qu'en 2003.

L'an dernier, dans toutes les régions, le bénéfice d'exploitation a progressé. En Europe, plus important marché de Holcim, il s'est envolé de 37,3% à 662 millions de francs, grâce aux bonnes performances des marchés italien, espagnol et suisse. Le marché africain est très prometteur. Le bénéfice d'exploitation y a progressé de 29% à 370 millions. En Amérique du Nord, il atteint 325 millions de francs, soit une forte hausse de 19%. La région Asie-Océanie n'est pas en reste. Le bénéfice d'exploitation y a progressé de 11% à 219 millions. Comparativement aux autres marchés, la croissance de l'Amérique latine est faible: le bénéfice d'exploitation progresse d'un maigre 2,3% en monnaie locale. «Ce résultat est dû à plusieurs facteurs. La baisse du dollar est le plus important. Par ailleurs, des coûts plus élevés de l'énergie et une pression de la concurrence au Brésil, deuxième marché le plus important de Holcim en Amérique latine, ont aussi eu un impact négatif», a relevé Markus Akermann.

Importantes acquisitions en Inde et en Grande-Bretagne

En revanche, un impact positif se fera ressentir en 2005. Le groupe suisse a lancé une offre publique d'achat amicale sur la société anglaise Aggregate Industries, active en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Montant de la transaction: 4 milliards de francs. Un prix élevé, d'après les analystes, mais qui assure à Holcim des réserves de granulats pour environ septante ans. Jusqu'à aujourd'hui, le groupe suisse a acquis plus de 75% de l'entreprise. La Commission européenne de la concurrence doit encore donner son aval pour les parts manquantes. Outre le rachat qui permet à Holcim de dépasser son concurrent mexicain Cemex, la société basée à Jona compte prendre une participation de 40% dans le groupe indien Gujarat Ambuja Cements. Ce dernier doit à son tour acquérir une part majoritaire dans le groupe Associated Cement Companies, numéro deux indien du ciment. Montant de ces participations: 800 millions de dollars. Le financement se fera par les liquidités du groupe et des lignes de crédit.

Pour Britta Simon, analyste à la banque privée bâloise Sarasin, «Holcim a présenté de solides résultats au niveau des ventes, du bénéfice d'exploitation et du bénéfice net. Ils sont légèrement en dessous des attentes concernant les ventes en raison d'une croissance organique moins forte que prévue». Elle ajoute: «Le management s'attend à un développement dans de bonnes conditions dans la plupart des marchés, ce qui semble plus optimiste que les prévisions de Lafarge. Mais il a annoncé de vagues perspectives pour 2005.»

Le marché semble aussi avoir tenu compte de la faiblesse du dividende proposé par Holcim et de la prise de bénéfices des investisseurs. Le titre a perdu hier près de 2%.