Si l'usine Rapelli à Stabio est de loin la plus grosse unité de production du groupe Orior, réalisant à elle seule la moitié de son chiffre d'affaires de 300 millions de francs, elle ne représente qu'une partie de ses activités. Depuis la décision prise par Rinsoz & Ormond d'abandonner les activités liées au tabac au début des années 1990, la compagnie rebaptisée Orior s'est retrouvée avec un portefeuille de liquidités de 150 millions et la ferme intention de se profiler dans l'industrie alimentaire. Les rachats de Regina, Fredag, Rapelli, Pastinella, Le Patron, DuMartel, Traiteur Seiler et Rieder Catering ont concrétisé la démarche au fil des années, pour former aujourd'hui un groupe organisé autour de cinq secteurs d'activités: la charcuterie, les produits à base de volaille, les pâtes alimentaires, les produits traiteurs et les plats précuisinés pour compagnies aériennes. Et, pour une meilleure organisation de sa logistique, Orior a construit un centre de distribution à Langenthal par où passe son assortiment complet, distribué dans le pays grâce à une flotte d'une quarantaine de véhicules.

Matière première coûteuse

Cette première percée dans le secteur n'est toutefois pas suffisante aux yeux des dirigeants d'un groupe contrôlé à 100% par Pargesa, la holding financière du belge Albert Frère et du canadien Paul Desmarais. «Nous n'avons pas encore atteint notre taille critique, expose Bruno de Gennaro, directeur de Rapelli. De plus, le marché suisse est difficile, avec deux clients qui font 70% du chiffre d'affaires de la distribution. C'est pourquoi nous devons absolument considérer une croissance internationale, essentiellement par acquisitions et dans les branches où nous avons une position forte en Suisse. Car nous sommes pénalisés sur les marchés d'exportation par les prix de la matière première.»

En 1998, Orior inaugurait déjà sa première unité de production à l'étranger, s'ouvrant les portes des pays asiatiques avec son usine chinoise de spécialités à base de volaille. Mais les ambitions du groupe vont bien au-delà du 1% des ventes réalisé actuellement en dehors de ses frontières. Au programme: une acquisition par année, associée à une croissance interne de 10%, pour doubler rapidement le chiffre d'affaires.

Le groupe est actuellement en phase d'évaluation de trois sociétés, dont deux étrangères en Europe et aux Etats-Unis.

«Il n'est pas question pour nous d'entrer sur des marchés de masse, précise encore Bruno de Gennaro. Nous nous concentrons sur des niches à plus forte valeur ajoutée dans les produits frais et surgelés. Cela nous a réussi en Suisse, en nous donnant les moyens d'être compétitifs à l'étranger.»

Chr. Rt