La banque Fiduciary Trust International (FTI) va revoir sa stratégie en Suisse. Après le départ de son directeur général, André Wagnière, annoncé en juin dernier, c'est Brian Cox, déjà directeur général ad interim, qui devrait reprendre la direction de la banque, depuis Genève, d'ici quelques mois. «Nous sommes l'un des plus grands gestionnaires internationaux de mandats en Suisse, notamment auprès des caisses de pension, explique David Smart, directeur de Fiduciary Trust International pour l'Europe. L'ensemble des fonds collectés sur le marché helvétique représente près de 4 milliards de francs. Nous sommes particulièrement actifs dans le domaine des obligations internationales. Nous comptons le rester.»

Pour sa part, la distribution des fonds Franklin Templeton, qui a récolté plus de 500 millions de dollars (680 millions de francs) en moins de deux ans, restera l'autre axe de développement de l'établissement.

En revanche, FTI va réduire ses activités de gestion de fortune et de garde (custody), qu'elle n'a pu développer de manière satisfaisante. De ce point de vue, David Smart estime qu'il n'est plus essentiel de conserver une licence bancaire. D'autant que, à quelques exceptions près, les fonds de placement distribués sont gérés à l'étranger. Les effectifs de l'établissement devraient dès lors être réduits à quatre personnes à Genève et rester de trois personnes à Zurich. Membre de Franklin Templeton Investments depuis 2001, FTI doit une grande partie de la progression rapide des actifs récoltés pour la gestion de fonds à la qualité des produits du gérant américain, qui compte dans ses rangs certaines stars de la gestion, à l'instar de Mark Mobius, spécialiste des marchés émergents (voir graphique). Outre FTI, le groupe propose des services de gestion via ses filiales Franklin, Templeton et Mutual Series.

La masse sous gestion de Franklin Resources, holding du groupe, cotée en Bourse, est passée à 282 milliards de dollars fin mai, contre 270,4 milliards un an plus tôt. «La qualité de la gestion, une judicieuse diversification tant dans les actifs que dans les devises et enfin les apports de capitaux expliquent cet excellent résultat, avance David Smart. Les flux nets de capitaux sont d'ailleurs positifs depuis dix-huit mois.» Une analyse que corrobore une note récente de JPMorgan: «Les fonds sous gestion ont progressé de 5% au cours du mois de mai, contre environ 4% pour les indices de référence.» De son côté, la banque Keefe, Bruyette & Woods a relevé, au début de ce mois, la note de Franklin Resources de «performe comme le marché» à «surperforme».

Un bémol? Morningstar juge trop élevés les frais du fonds géré par Mark Mobius, le Templeton Developing Markets Fund. 2,2% par an contre 1,1% pour des fonds de taille comparable, précise l'agence de notation des fonds. «La qualité se paie, répond David Smart. Avoir accès à ce qui est probablement la plus grande équipe d'analystes des pays émergents a un coût. En outre, si l'on regarde l'évolution du fonds sur dix ans, la performance fait plus que compenser le différentiel de frais.»