Le groupe industriel genevois LEM, dirigé par Patrick de Bruyne semble avoir retrouvé sa bonne santé. Après une période difficile en 1996, les résultats du producteur de composants électriques de Plan-les-Ouates ne cessent de s'améliorer.

Au cours du premier semestre 1998, la société a enregistré une hausse de 14,6% de son chiffre d'affaires consolidé à 62,6 millions de francs, contre 54,6 millions de francs pour la même période de l'année passée.

Les 63% des ventes ont été réalisés dans le domaine des composants – activité principale du groupe – ce qui représente une progression de 21% par rapport à l'an dernier. La division Instruments, quant à elle, a enregistré une hausse de 5,3% de ses ventes pour un montant de 19,1 millions de francs.

Ce département devrait connaître une croissance importante dans la seconde moitié de l'année. LEM escompte en effet tirer les premiers fruits de sa récente acquisition de la société autrichienne, Dr. Werner Mühlegger Forschungs & Entwicklung GmbH. Le bénéfice net des six premiers mois s'élève à 3,9 millions de francs, en hausse de 30% par rapport à la même période en 1997.

La marge brute est par contre en léger recul, passant à 47,6% contre 48,3% au premier semestre 1997. L'entreprise explique cette diminution par les frais de démarrage liés au lancement d'une nouvelle gamme de capteurs de petit calibre, pour laquelle la société a mis en place une chaîne de production automatisée à Genève.

Cette érosion de la marge brute a cependant été plus que compensée par le contrôle des coûts opérationnels, à en juger par la progression de 33% du bénéfice de l'activité industrielle avant intérêt et impôt (EBIT), qui s'élève à 5,2 millions de francs. LEM semble ainsi avoir amélioré la rentabilité de ses opérations, notamment dans sa division instruments.

Des résultats jugés bons

Les charges financière nettes, qui s'élevaient encore à 900 000 francs il y a un an ont fondu à 21 000 francs. Ce résultat exceptionnel est à mettre sur le compte d'un important bénéfice de change de l'ordre de 1,1 million de francs, ainsi que d'un bénéfice de 400 000 francs réalisé sur la vente d'actions propres. Le groupe a en outre enregistré un produit immobilier net de 730 000 francs grâce à la part de 75% qu'il détient dans la société immobilière CTN SA.

LEM Holding SA est spécialisée dans la mesure de paramètres électriques. Elle fabrique des composants qui sont utilisés notamment pour les locomotives, les trams et les trolleys, et que l'on retrouve également dans les TGV français. Le groupe est constitué de 20 sociétés dans 14 pays, et emploie 640 personnes, dont 200 à Genève.

Les résultats semestriels de LEM ont été jugés globalement bon par les analystes, qui notent une continuité avec les chiffres du premier trimestre. La société continue de profiter d'un cycle conjoncturel favorable en Europe et semble avoir pleinement maîtrisé les difficultés que lui avait causé l'acquisition de NGI en 1995.

Une activité limitée en Asie

En outre, l'activité limitée de la société en Asie (6% des ventes, contre 65% en Europe et 27% en Amérique du Nord) devrait l'épargner de la tourmente orientale. Les perspectives pour la fin de l'année sont donc jugées bonnes par les observateurs, confirmant les déclarations des responsables de LEM, qui prévoient une croissance de la rentabilité pour le second semestre.

Les analystes de Lombard Odier & Cie et de Darier Hentsch & Cie considèrent le titre comme un «market performer», aux vues de ses performances proches de celles du SMI depuis le début de l'année.

A sa clôture vendredi, le titre affichait une progression de 4,50 francs.