Hotelplan nage à contre-courant de la tendance actuelle du secteur voyage en pleine concentration. La filiale de la Migros n'envisage pas d'entrer en Bourse, ni de procéder à de nouvelles acquisitions. Elle préfère croître par ses propres moyens, confortée en cela par ses résultats. Durant les premiers mois de l'année, le groupe a poursuivi sa croissance avec un chiffre d'affaires de presque deux milliards de francs, en progression de 13%. Hotelplan Suisse, réunissant les marques Hotelplan, M-travel, ESCO voyages et Tourisme pour Tous, a vu son chiffre d'affaires progresser de 9% par rapport à l'an dernier à la même période. Le groupe veut rester autonome même au niveau d'Internet. Il a renoncé voilà quelques semaines à poursuivre une coopération technique avec Atraxis, la filiale informatique de SAirGroup. Le groupe a préféré développer par ses propres moyens son site Hotelplan.ch en agence de voyages virtuelle. Entretien avec Walter Güntensperger, directeur du groupe Hotelplan Suisse, basé à Zurich.

Le Temps: Vous appartenez à Migros, mais vous pourriez envisager une cotation en Bourse partielle. Est-ce dans vos projets?

Walter Güntensperger: Non, ce n'est pas prévu. Nous sommes liés à 100% à Migros. Nous cherchons la croissance interne avec nos propres forces. C'est un avantage de ne pas être coté en Bourse, nous n'avons pas la pression des actionnaires. En revanche, nous avons celle de la concurrence et celle de notre maison mère. C'est une motivation suffisante pour nous.

– Envisagez-vous de faire des acquisitions pour augmenter votre taille à l'instar de vos concurrents?

– Sur le marché suisse, il ne reste pas grand-chose à vendre. L'an dernier, nous avons repris Maroc Royal Tours, établi à Genève. Mais pour nous, faire des acquisitions n'est pas une priorité dans notre stratégie en Suisse.

– Vous avez abandonné la coopération avec Atraxis, la filiale informatique de SAirGroup. Qu'est-ce qui vous a poussés à renoncer?

– Nous avons arrêté cette coopération il y a quelques semaines. Il fallait rentabiliser cet investissement (plusieurs dizaines de millions) à long terme et c'était trop lourd pour nous. Nous cherchons à créer un portail qui se concentre uniquement sur toutes les marques du groupe, qui soit moins cher et plus efficace. A terme, ça ressemblera à une agence de voyages virtuelle.

– Est-ce que cela signifie à plus ou moins long terme la fermeture de vos agences de voyages?

– Nous avons 100 agences à notre nom, plus un millier qui vendent nos produits. Nous constatons aussi qu'il y a aujourd'hui une demande croissante d'agences de voyages qui désirent être mises en franchise sous notre label. Celles-ci rencontrent des difficultés à investir dans l'informatique pour être à la pointe de la technologie. Il n'est pas question de fermer des agences de voyages. Le site Internet est indispensable, mais il ne va pas remplacer le contact avec la clientèle. La dimension psychologique et émotionnelle du client qui paie son voyage par carte de crédit via le Net n'existe pas. En revanche, c'est le cas dans une agence de voyages traditionnelle.

– Votre principal concurrent, Kuoni, vous laisse tomber dans le partage d'avions sur les vols long-courriers. Comment allez-vous vous en sortir?

– C'est encore trop tôt pour dire quelle sera notre planification pour l'été prochain. Balair, avec qui nous avons une exclusivité pour les vols moyen-courriers, a de la capacité (deux Boeing 767) pour les vols long-courriers. Nous sommes en discussion avec eux, mais aussi avec d'autres partenaires. D'autres collaborations sont possibles sur le marché des vols charters. Nous y travaillons.

– Les agences de voyages ont vu leur pourcentage sur la vente des billets d'avion diminuer. Comment voyez-vous l'avenir dans ce secteur?

– Nous ne connaissons pas encore les dernières stratégies des compagnies aériennes. Nous avons subi une baisse de la marge 9 à 7%. Nous avons essayé de la compenser par une concentration de la vente de billets d'avion via les grandes alliances aériennes (Star Alliance, Qualiflyer, etc.). Mais la direction que les compagnies aériennes vont prendre n'est pas encore claire.