Le plus grand groupe médiatique pro-démocratie de Hongkong a annoncé, lundi, l'arrêt des échanges en Bourse sur ses actions. Next Digital Limited, qui publie le journal Apple Daily, explique qu'il a décidé de suspendre la cotation de son titre car il est «dans l'attente de la publication d'une annonce» concernant le gel des actifs de Jimmy Lai.

Les autorités de Hongkong ont annoncé, vendredi, avoir gelé les avoirs du patron de presse pro-démocratie, y compris ses participations dans les médias, pour avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale, que Pékin a imposée à Hongkong l'année dernière.

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C'est la première fois que les autorités appliquent cette loi pour geler les actions du principal actionnaire d'une société cotée en bourse, prenant le risque d'effrayer les investisseurs.

Apple Daily accusé de publier de «fausses informations»

Le milliardaire Jimmy Lai, 73 ans, est la bête noire de Pékin, avec ses journaux pro-démocratie. Ses deux principaux titres, Apple Daily et le magazine en ligne Next, se démarquent de leurs concurrents qui soutiennent Pékin ou adoptent une ligne beaucoup plus prudente.

Apple Daily, le tabloïd le plus populaire de la ville, a notamment fermement soutenu la cause pro-démocratie de Hongkong, y compris les manifestations de 2019.

Les autorités chinoises n'ont pas caché leur désir de voir Apple Daily fermer et Jimmy Lai réduit au silence. Le chef de la police de Hongkong, Chris Tang, a également accusé Apple Daily de publier de «fausses informations».

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Apple Daily a précisé ce week-end qu'il ne survivrait probablement que neuf ou 10 mois sans l'argent de Jimmy Lai.

Ecroué pour avoir manifesté

En détention provisoire depuis décembre, Jimmy Lai a été reconnu coupable et condamné le mois dernier à de la prison ferme pour avoir pris part aux manifestations de 2019. Il doit comparaître devant un tribunal de Hongkong lundi dans le cadre d'une autre affaire liée à ces manifestations.

Il est aussi accusé de «collusion avec des forces étrangères» pour avoir prétendument préconisé des sanctions étrangères contre Hongkong et les dirigeants chinois. Plus de 100 personnes, dont certains des plus éminents militants pour la démocratie de Hongkong, sont sous les écrous.