Nouveau chapitre dans le conflit qui oppose BSGR à Conakry. Le groupe minier lié à Beny Steinmetz, milliardaire installé à Genève, a annoncé jeudi qu’une demande d’arbitrage contre la Guinée avait été déposée au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (ICSID) à Washington.

Cette action «permettra à BSGR de répondre pour la première fois dans une cour impartiale aux allégations d’actes répréhensibles exprimées à l’encontre de la société par le gouvernement de Guinée». Le groupe BSGR juge que ces allégations reposent sur «de fausses preuves» et se dit «impatient de le démontrer dans le cadre du processus d’arbitrage de l’ICSID».

«Dénué de fondements»

Dans un communiqué, les autorités guinéennes considèrent que «les prétentions de BSGR sont dénuées de fondement». Et n’a «aucun doute» sur le fait que ces réclamations «seront rejetées».

À l’issue de ce nouveau bras de fer, BSGR espère pouvoir remettre la main sur les titres miniers qui ont été révoqués par Conakry le 24 avril. Une résiliation qui faisait suite à une enquête guinéenne recensant «un ensemble d’indices précis et concordants» établissant des «pratiques de corruption» dans le cadre de l’acquisition de la concession minière de Simandou. La Guinée reproche en effet au groupe minier de s’être approprié ce qui apparaît comme l’un des plus riches gisements de fer de la planète en achetant notamment l’influence de la quatrième épouse du dirigeant de l’époque.

Outre les autorités guinéennes, le Département américain de la Justice a déjà ouvert une enquête sur les conditions dans lesquels lesdites concessions ont été obtenues. En septembre dernier, les autorités suisses ont perquisitionné la propriété de Beny Steinmetz à Genève ainsi que son jet d’affaires parqué sur le tarmac de Genève-Cointrin.