Après Pierre Arnold, un nouveau Romand accède à la présidence de Migros. A 57 ans, Claude Hauser remplacera Jules Kyburz (68 ans) qui se retire avant terme pour raison d'âge. L'actuel directeur de Migros Genève s'installe aux commandes d'un groupe en proie au doute et qui voit ses parts de marché grignotées par la concurrence. Claude Hauser n'entend pas rester les bras croisés et prépare la riposte.

– Le Temps: Migros ne cesse ne perdre du terrain face à ses concurrents. Qu'allez-vous faire pour inverser cette tendance?

– Claude Hauser: Nous devons tout d'abord améliorer notre politique de communication. Migros a de nombreux atouts que nous devons mieux valoriser. Prenez le cas des produits bio, nous n'avons pas su mettre en évidence nos prestations. Or, dans de nombreux domaines, Migros a toujours eu une longueur d'avance sur ses concurrents. Nous avons, par exemple, été pionniers des dates limites, des produits respectueux de l'environnement ou de la santé (M-Sano). Mais force est de constater que nos concurrents ont fait des efforts considérables et ont réduit l'écart.

Nous avons également pris un léger retard dans les marchés spécialisés comme l'électronique de loisir, le meuble, le bricolage, le jardinage et le sport. Nous devons maintenant accélérer notre mise en place dans ces secteurs en très forte expansion.

Enfin, il faut ramener la cohésion et la sérénité auprès des collaborateurs. Nous avons passé beaucoup de temps à discuter des structures, il y a eu des rumeurs sur la transformation de Migros en société anonyme. Or ces critiques et ces tergiversations ont semé le doute auprès de certains cadres. Désormais, nous devons nous concentrer surtout sur les affaires.

– Pour dynamiser l'entreprise, Migros ne devrait-elle pas se transformer en société anonyme?

– Il n'est pas question de transformer Migros en société anonyme. Il faut abandonner cette idée. Migros est une entreprise au capital à but social, proche de ses clients, des atouts majeurs à conserver.

– Les structures du géant orange ne sont-elles pas dépassées?

– La question peut en effet se poser. Désigné il y a deux mois, un groupe de réflexion stratégique se penche sur les réformes à mettre en place et sur l'adaptation des statuts. Il est clair que nos structures doivent évoluer. Je tiens toutefois à dire que la baisse du chiffre d'affaires n'est pas due à des structures mal adaptées, comme certaines personnes l'ont laissé entendre, mais est imputable avant tout au management. Il faut donc mettre la priorité sur les hommes et non pas sur les structures. Mais ne croyez pas pour autant que je suis un partisan de l'immobilisme.

– Après l'échec de Migros en Autriche, quelle doit être la stratégie du géant orange à l'étranger?

– C'est encore trop tôt pour le dire. Cette question doit s'intégrer dans le cadre d'une réflexion stratégique importante. A Genève, par exemple, nous avons fait une expérience très concluante en France voisine. Les Bâlois ont également du succès en Allemagne. Je peux simplement mentionner que pour réussir une expansion à l'étranger, il faut être très fort dans son pays d'origine. Migros, leader en Suisse, a donc les moyens de le faire.

Propos recueillis par E.Br.