Justice

Le groupe minier Rio Tinto poursuivi pour fraude

Deux anciens responsables sont accusés d'avoir gonflé la valeur des actifs de charbon acquis au Mozambique en 2011, après un refus de permis du gouvernement. La SEC a porté plainte

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto et deux de ses anciens dirigeants ont été inculpés de fraude par les autorités américaines pour avoir gonflé les actifs de charbon de la firme au Mozambique, acquise 3,7 milliards de dollars avant d'être revendue peu de temps après pour 50 millions, a annoncé le groupe mercredi.

L'inculpation est consécutive à une plainte déposée par le gendarme américain de la Bourse, la SEC, auprès d'un tribunal de Manhattan, a indiqué Rio Tinto. Thomas Albanese et Guy Elliott, qui étaient respectivement PDG et directeur financier au moment des faits, sont accusés de ne pas avoir respecté les normes comptables en vigueur.

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Au moment de l'acquisition, Rio Tinto faisait le pari que les mines du charbon au Mozambique allaient lui rapporter énormément, mais le groupe aurait vite déchanté après s'être vu refuser un permis par le gouvernement mozambicain. Cette dernière décision a considérablement joué sur la valeur des actifs, d'autant que les infrastructures de transport étaient absentes.

Une vérité dissimulée

Face à ces difficultés, MM. Albanese et Elliott auraient décidé de dissimuler cette perte de valeur aux investisseurs, accuse la SEC.

«Ils ont cherché à retarder voire à cacher la nature et l'étendue de ces développements négatifs au conseil d'administration, au comité d'audit, aux auditeurs indépendants et aux investisseurs», déplore le gendarme de la Bourse. Et d'enfoncer: «ils ont essayé de sauver leurs carrières aux dépens des investisseurs en dissimulant la vérité», fustige Steven Peikin, un des responsables de la SEC. La manoeuvre aurait duré de mai 2012 à janvier 2013, jusqu'au départ de M. Albanese de la direction de Rio Tinto.

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