Déjà capitale des ronds-points artistiques grâce aux prêts de la Fondation Gianadda, Martigny y ajoute une première mondiale: le rond-point souterrain du Groupe Mutuel et ses sculptures d'André Raboud. Celui-ci s'intègre dans un couloir piétonnier de 160 mètres qui raconte l'histoire des assurances sociales et relie désormais quatre bâtiments du Groupe Mutuel, No 3 de l'assurance en Suisse. Bienvenue à Revaz-City!

Projets à Lausanne et à Genève

Foin d'ironie... Pierre-Marcel Revaz peut être fier de l'essor donné à l'entreprise qu'il préside - et qui célèbre ses 15 ans. D'une mutuelle comptant 31000 adhérents - surtout valaisans - quand il y a été engagé en 1981, arrivant de chez Peugeot et General Motors, il a fait un géant national de 875000 assurés, dont le chiffre d'affaires a atteint 3,02 milliards de francs en 2007 (contre 2,95 milliards en 2006), pour un résultat de l'exercice de 151,6 millions (186 millions en 2006).

L'an dernier, le Groupe Mutuel a gagné 40000 nouveaux assurés - sans rachat de caisse. Et 2008 démarre sur un rythme supérieur, précise son porte-parole, Yves Seydoux. Si le tiers des quelque 1500 collaborateurs travaillent à Martigny, les projets futurs se situent hors du canton. Un immeuble vient d'être racheté «au centre de Lausanne», Genève est la prochaine sur la liste.

Si spectaculaire que soit le développement immobilier, les investissements à Martigny (60 millions de francs) «ne représentent que 4 millions de loyer par an, ou 1,3 pour mille de notre chiffre d'affaires», relativise aussitôt Pierre-Marcel Revaz, attaqué par quelques assurés genevois à propos des frais généraux du groupe (lire ci-dessous). C'est aussi moins d'argent que les investissements informatiques (100 millions), «qui devraient diminuer nos coûts de fonctionnement de 240 millions de francs», estime le patron. En 2007, 15000 heures ont été consacrées à la formation du personnel. «A part la Vaudoise, Assura et nous, le monde de l'assurance se concentre de plus en plus à Zurich», avertit Pierre-Marcel Revaz, qui se bat pour défendre le savoir-faire romand.

Demain, l'Allemagne?

«Mais où peut-on encore manifester la capacité d'entreprendre?» enchaîne cet infatigable libéral. Pierre-Marcel Revaz connaît les limites du marché suisse, dont 90% se partage désormais entre les 15 plus grosses caisses. Ce n'est pas seulement pour céder à la mode qu'il a fait ajouter «Swiss Power Group» sous la raison sociale: l'anglicisme sonne mieux en Suisse alémanique, où le Groupe Mutuel a le plus de potentiel. Et peut-être même en Allemagne voisine, dont il «observe le marché», dit Yves Seydoux, qui cite les incursions de CSS et Helsana.

Ça, c'est de la musique d'avenir. Le présent, plus terre à terre, ce sont les pertes que les caisses enregistreront probablement en 2008, ayant gelé les primes tandis que les coûts augmentent toujours. Sur dix ans, note Pierre-Marcel Revaz, le nombre d'exercices bénéficiaires et déficitaires de la branche s'équilibre à peu près.