Ils étaient 423 la semaine dernière aux Asters. Vendredi, la Halle Sécheron, située à deux pas du bâtiment genevois de Merck Serono, a raisonné des voix de quelque 645 salariés. Tous étaient réunis sous la houlette du syndicat Unia. Objectif: accentuer la pression sur leur direction et échafauder des plans d’action contre les mesures de démantèlement concernant 1250 personnes annoncées le 24 avril. «Sans rapport de force, on n’obtiendra rien», insiste Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia. Que prévoit le plan social actuel? Seuls les 750 employés candidats à la délocalisation ont droit à des compensations matérielles, les autres peuvent prétendre à un mois de salaire par année d’ancienneté (max. 12 ans), et les salariés dès 58 ans (10 ans d’ancienneté) bénéficieraient d’une retraite anticipée.

A présent structurés, les employés ont décidé de passer à l’offensive. Priorité n° 1: obtenir une prorogation du délai de consultation fixé au 16 mai. «Nous allons exiger de la direction une garantie écrite sur ce point, reprend le syndicaliste. Ainsi que l’arrêt de la mise en œuvre des mesures du plan de restructuration.» Vendredi, pour appuyer la démarche syndicale collective dont le but est de contrer la stratégie de consultation individuelle prônée par Merck Serono, l’association Employés Suisse a déposé une demande en justice, au motif que le groupe allemand aurait violé ses obligations découlant de la loi sur la participation.

Des questions sans réponses

Officiellement, la direction du site n’accorde pas de légitimité à Unia et estime que ses délégués n’ont pas été élus selon les règles de droit en vigueur. «Une telle procédure n’est valable que par beau temps, pas comme actuellement en période de tempête», rétorque Alessandro Pelizzari. Au programme ces prochains jours: réunion tous les matins dès 10h devant le bâtiment du Sécheron, défilé jeudi en marge de la séance du Grand Conseil, et ouverture d’un fonds de solidarité. «Pourquoi ne pas nous rendre à Darmstadt pour faire autant de bruit qu’ici lors du 1er mai?» propose une employée s’exprimant avec un accent espagnol. Applaudissements nourris de l’assistance, aux trois quarts frontalière. Une délégation doit partir mardi en Allemagne, pour rencontrer des représentants du personnel d’autres sites européens.

Interrogé hier par la RTS, Ernesto Bertarelli a déclaré avoir «du mal à justifier» la décision de Merck Serono. «Les produits marchent encore très bien… Dommage que les responsables ne se fassent pas voir. C’est un peu lâche d’envoyer un ancien de Serono pour faire l’annonce», a jugé l’ancien patron du site.