Une modification du droit fiscal luxembourgeois attendue pour 2010 pousse la Compagnie Financière Richemont à se séparer de la participation de 19,3% qu'elle détient dans le cigarettier British American Tobacco (BAT). Le groupe a donné jeudi les premiers détails de ce projet, déjà annoncé en novembre, en marge de la présentation de ses résultats annuels.

Ce plan décrit comme «complexe» par le groupe doit encore être soumis à l'aval des actionnaires, des autorités fiscales et de la bourse suisse. Il prévoit de séparer les activités de luxe, établies en Suisse, et la participation dans BAT, qui serait confiée à un «véhicule structuré comme fonds d'investissement», basé au Luxembourg. Le paquet d'actions du cigarettier représente 42% de la valeur totale du groupe genevois.

«Nous nous assurerons que nos activités dans le luxe resteront financièrement solides dans l'éventualité d'une restructuration», indique le PDG Johann Rupert.

Le milliardaire sud-africain et sa famille contrôlent le groupe Richemont via le fonds d'investissement Remgro. Actuellement, Remgro et Richemont possèdent près d'un tiers de BAT à travers une holding au Luxembourg. Or, suite aux pressions de l'Union européenne, le Grand-Duché devra mettre un terme dès 2010 aux rabais fiscaux accordés aux holdings, ce qui a poussé les deux sociétés à se réorganiser. Selon ce plan, les actionnaires de la holding actuelle recevraient une part des actions de BAT détenues par Richemont. Le groupe genevois a précisé hier que des discussions étaient en cours avec le cigarettier, qui envisagerait une entrée en bourse à Johannesburg, ce qui permettrait «aux résidents sud-africains qui possèdent des intérêts dans Richemont de détenir directement des actions BAT», explique le groupe dans un communiqué.

Le groupe Richemont a été créé en 1988 par les héritiers d'Anton Rupert, fondateur quarante ans plus tôt de Rembrandt Tobacco en Afrique du Sud. Il comprend notamment la marque Rothmans.