Les rumeurs de rachat du groupe franco-britannique Sema duraient depuis quelques jours. Convoité par plusieurs prétendants, dont le français Cap Gemini, Sema a vu le cours de son titre s'effondrer à la fin de novembre, en raison de rumeurs de transactions douteuses de l'un de ses dirigeants, mais également d'avertissement concernant ses bénéfices. Le titre a perdu plus de 50% de sa valeur depuis début septembre, bien qu'il se soit repris début février, porté notamment par des rumeurs de rachat. C'est finalement l'américain Schlumberger, numéro deux mondial des services pétroliers derrière Halliburton, qui a remporté le trophée.

La victoire a été annoncée lundi après-midi lors d'une conférence de presse téléphonique à New York. Mais, sur le marché, l'ambiance était tout autre. Le cours du titre Schlumberger plongeait une nouvelle fois de 11,2% en cours de séance à 70,3 dollars. Certains analystes émettent des doutes quant à la valeur de la transaction: «Cette diversification en dehors du métier de base de Schlumberger n'est pas très bien perçue», remarque Pierre-Yves Brack, analyste à la Banque Rothschild. Le titre de Sema, en revanche, affichait un bond de 16,3% à 552,5 pence. Le groupe appartient à hauteur de 17% à France Télécom et de 5% à BNP Paribas.

Procédure de diversification

Le géant américain négociait depuis plusieurs semaines un financement de quelque 3 milliards de dollars, selon des sources bancaires. Il s'est dit prêt à débourser 5,7 milliards d'euros (8,75 milliards de francs) pour ramener Sema dans son giron et renforcer ainsi son pôle informatique. Une offre de 560 pence (13,40 francs) par action pour le groupe franco-britannique coté à Londres, qui représente une prime de 42% sur son prix de clôture du 2 février 2000. C'est en effet au lendemain de cette date que Sema a annoncé être l'objet d'une reprise éventuelle.

«Il est de plus en plus clair que les gagnants de l'ère Internet seront des groupes qui possèdent d'excellents produits et parts de marché, et qui seront capables d'améliorer la marche de leurs affaires avec de nouvelles technologies», a déclaré Euan Baird, président du groupe. Selon des observateurs du marché, Schlumberger dérive 73% de ses revenus annuels (9,6 milliards de dollars) de ses activités de forage. Le groupe s'est diversifié au cours des cinq dernières années dans le conseil informatique et autres activités technologiques, qu'il considère moins vulnérables au ralentissement économique que les activités pétrolières.