Les fabricants de téléphones portables n'avaient pas imaginé que les consommateurs se lasseraient de changer d'appareils aussi vite, ni que les Etats-Unis n'afficheraient plus une santé d'enfer. Tous ont revu leurs prévisions de vente à la baisse. Ericsson a même renoncé, fin janvier, à poursuivre dans son giron la fabrication d'appareils, préférant la céder au singapourien Flextronics, tant les perspectives de croissance sont moins mirobolantes qu'il y a peu de temps encore. Les deux concurrents que sont Nokia et Siemens n'échappent pas à cette tendance baissière.

Le groupe allemand, qui a invité plus de 300 journalistes du monde entier à Séville, en Espagne, pour une mégaconférence de presse présentant ses dernières innovations techniques, subit aussi à la dure loi de l'offre et de la demande. Rudi Lamprecht, le responsable des mobiles et membre du directoire du groupe a estimé que les ventes mondiales devraient être d'environ 500 millions d'unités cette année, contre 400 millions en 2000. Le groupe allemand a, l'an dernier, vendu 24 millions de téléphones portables, soit moins que son objectif initial, qui visait les 30 millions.

Il n'empêche que le groupe, actif encore dans l'énergie nucléaire – Framatome ANP – ou dans les transports (train) est un immense conglomérat difficile à cerner de part ses multiples activités dans les technologies de la communication. Il mise, par exemple, dans le potentiel qu'offriront dans les années à venir les fréquences UMTS (Universal Mobile Telecommunications System). Le groupe allemand n'entend pas répéter les mêmes erreurs qu'avec la technologie GSM (Global System for Mobile Communications) où il s'était fait nettement dépasser par ses concurrents scandinaves Nokia, Ericsson et à l'américain Motorola. Rudi Lamprecht a ainsi affirmé être juste derrière Ericsson dans le domaine des équipements UMTS pour les opérateurs, même si aucun réseau concret n'est encore construit.

En attendant cette révolution technologique, Siemens promet un appareil GPRS (General Packet Radio Services), plus rapide que le GSM. Il devrait être opérationnel cet automne. Outre la téléphonie mobile, le groupe lancera prochainement sur le marché européen le SIMpad, une sorte de tablette numérique, qui permettra de surfer sur Internet et de faire quelques tâches de bureautiques.

Autre révolution, celle du Bluetooth, une nouvelle norme qui abolira les multiples câbles qui relient les ordinateurs, imprimantes, mobiles et autres souris, grâce à un système d'infrarouge.

Outre de multiples démonstrations, Siemens a aussi profité de ce rassemblement médiatique pour annoncer notamment la signature d'un contrat avec Intel Corp. de 2 milliards de dollars. L´américain lui fournira des mémoires «flash» pour les téléphones mobiles de la troisième génération. En outre, des rumeurs couraient dans les couloirs de l'hôtel Renacimiento que Siemens serait sur les rangs pour racheter la société d'ingénierie informatique Sema, dont France Télécom détient 16,9%.