Encore hésitante il y a quelques mois, la reprise du cycle de la réassurance non-vie a pris un tour nouveau après cinq années de baisses des tarifs. Et de nouvelles hausses tarifaires sont encore attendues par les spécialistes. De sorte que le creux de la vague semble en passe d'être franchi. «Au vu de l'ampleur des dégâts provoqués par les cyclones Lothar et Martin, la demande sur le marché de la réassurance a nettement augmenté», a souligné mercredi Rudolf Kellenberger, responsable opérationnel adjoint du groupe Swiss Re. Dans le cadre d'une Journée des investisseurs réunissant analystes financiers et journalistes, Walter Kielholz, le président de la direction de Swiss Re, s'est en outre fixé un objectif ambitieux pour l'exercice 2001. A savoir une amélioration substantielle du ratio combiné (taux de frais +taux de sinistres) à 107%. Un niveau qui n'était visé jusqu'à présent que sur un horizon de trois ans.

A tel point que nombre d'analystes s'interrogent sur la capacité du deuxième groupe mondial de réassurance à tenir cette promesse. Ce fameux «ratio combiné» s'établissait en effet à 114% en 1999 sur une base comparable.

Le réassureur helvétique entend par ailleurs fusionner sa filiale allemande de longue date, Bavarian Re, pour l'intégrer à la marque Swiss Re. Une mesure de rationalisation qui vise à abaisser les coûts. Mais aussi à concentrer les ressources de communication sur la marque Swiss Re. Ce qui se traduira par des suppressions d'emplois que Walter Kielholz n'a pas voulu chiffrer:«Celles-ci interviendront dans le cadre des départs naturels», a-t-il simplement précisé. C'est Michel Lies qui s'est vu confier la responsabilité de ces restructurations, alors que Stefan Lippe, le responsable opérationnel de Bavarian Re, prendra la direction des opérations non-vie du groupe.

La société de réassurance communique en outre pour la première fois la valeur intrinsèque de son portefeuille d'affaires vie et santé: 8,5 milliards de francs, soit 4,4 milliards de plus que la valeur comptable inscrite au bilan 1999. Un montant qui ne tient pas compte des affaires à venir. Les spécialistes attendent toutefois de connaître le rendement de ce portefeuille. Chiffre qui devrait être communiqué lors de la présentation détaillée des résultats de l'exercice 2000, en avril prochain. Pour l'heure, Swiss Re table sur une hausse du bénéfice net d'un peu plus de 20% pour 2000. Egalement sur la base des normes comptables Swiss GAAP, appliquées désormais par Swiss Re (voir tableau) et qui se traduiront par une plus grande transparence.

Prévisions attendues

Enfin, grâce à l'accent mis sur les obligations, le résultat des placements financiers devrait s'élever à 8,5 milliards de francs pour l'an dernier, soit 1 milliard de mieux que l'objectif de rendement de 7% fixé sur le long terme par Giuseppe Benelli, le responsable des finances. Les attentes pour 2000 se situent toutefois dans le sillage des attentes du marché. Ce dernier a donc fait un accueil réservé mercredi aux objectifs ambitieux communiqués par Swiss Re pour 2001. Le titre a en effet cédé 1,3% à 3741 francs.