«Nous avons commencé avec les produits alternatifs en 1974. Le temps est venu de les valoriser au sein du groupe: ils deviennent donc un de nos métiers de base...» Presque timidement, le président du conseil d'administration d'UBP, Edgar de Picciotto, commente un tournant majeur qui a été annoncé jeudi aux quelque 1000 collaborateurs du groupe. Pour l'adapter aux changements qui attendent la place financière suisse ces prochaines années, dans le contexte notamment de son positionnement en Europe, pour le caler selon ses différents métiers et pour responsabiliser ses cadres les plus entreprenants, l'UBP sera réorganisée selon deux axes.

l Les métiers. Le directoire actuel du groupe est remplacé par un comité exécutif, présidé par Guy de Picciotto. Ses membres représenteront neuf métiers différents. Dans ce cadre, la gestion alternative, avec Michael de Picciotto à sa tête, devient un «métier» en soi au sein du groupe aux côtés, entre autres, de l'asset management (poste vacant qu'aurait pu occuper Serge Ledermann s'il avait choisi de rester, lire ci-dessous), des fonds de fonds (Daniel de Picciotto), de la direction financière (Michael de Picciotto), de la vente et de la distribution des produits (André Gigon), de la gestion des risques (Pierre Pissaloux), du private banking (Guy de Picciotto), des activités off shore (Pierre Pissaloux), ou encore des métiers opérationnels que sont l'informatique et les ressources humaines (Andreas Stricker, qui arrivera cet été de Bordier & Cie). Selon Edgar de Picciotto, cette organisation par métiers permettra d'appuyer les fonctions de vente sur une «usine» à produits financiers, qui axera ses efforts sur les produits structurés, ceux de private equity et les hedge funds, trois domaines où l'expertise du groupe profite de ses propres systèmes rigoureux de contrôle de qualité.

l La responsabilisation. C'est à ce niveau que se situe le «plus grand tournant» du groupe. Son capital sera ouvert aux membres du comité exécutif et, ce qui est aussi une révolution dans la banque, à «un cercle plus large de collaborateurs» qui seront désignés par le comité exécutif en fonction de leurs responsabilités et des résultats qu'ils obtiendront. La part du capital qui sera ainsi ouverte reste à définir.

Mais, comme le souligne Edgar de Picciotto, c'est «un véritable partenariat que nous voulons instaurer». Ce faisant, et sous réserve que les décisions soient entérinées par le conseil d'administration et par la Commission fédérale des banques, l'idée est d'arriver à récompenser l'esprit d'entreprise et l'aptitude au risque que sauront prendre les collaborateurs de la banque.