Restauration Collective

Le groupe vaudois DSR rebaptisé Eldora dès 2015

La gouvernance du groupe vaudois DSR a été entièrement revue. Dès l’année prochaine, les activités sociales de la fondation seront séparées des activités commerciales du groupe de restauration collective. La fondation reste propriétaire du groupe, qui deviendra alors Eldora

Le groupe vaudois DSR rebaptisé Eldora dès 2015

Restauration collective La gouvernance est revue avec une fondation séparée des affaires

Le groupe DSR va disparaître dès 2015. Pour renaître aussitôt sous le nom Eldora, avec un «o» vert dans le logo, a indiqué le groupe lundi, à son siège de Rolle (VD). Mais le changement n’est pas que cosmétique et, pour le comprendre, il faut revenir aux racines de celui qui est devenu le numéro 2 de la restauration ­collective en Suisse, derrière SV Group et devant Compass.

L’histoire commence il y a 95 ans, à la fin de la Première Guerre mondiale. La fondation du Département social romand (allégé DSR par la suite) voit le jour sur un élan social, à l’initiative des Unions chrétiennes et de la Croix-Bleue romande. La fondation se charge alors de l’exploitation des Foyers du soldat, qui offrent un moment de détente aux militaires, loin des tentations de l’alcool…

Si, depuis, DSR s’emploie à préserver cet héritage social en distribuant entre 700 000 et 1 million de francs par année à diverses œuvres caritatives (comme Caritas ou Foyer-Handicap), ses dirigeants ont estimé que le temps était venu de séparer plus distinctement l’activité commerciale de celle de la fondation, qui était ­jusqu’à présent juridiquement responsable des activités. Cette dernière conservera toutefois la totalité du capital-actions d’Eldora.

Une identité à 3 millions

«Nous devions revoir la gouvernance, qui n’est plus appropriée pour un groupe de notre taille, de plus de 2000 collaborateurs. Nous nous sommes un peu inspirés de ce que fait la Fondation Hans-Wilsdorf avec Rolex, relève Andrew Gordon, directeur général du groupe. La fondation ne sera donc plus partie prenante des affaires et se concentrera sur son volet social, qu’elle pourra continuer à assurer grâce aux dividendes du groupe.» Pour la direction du groupe, on comprend également que cela raccourcira les ­prises de décision, avec des interlocuteurs davantage orientés «business», puisqu’un conseil d’administration de cinq membres est en cours de composition.

Hormis l’adaptation de leur tenue aux nouvelles couleurs du groupe, les collaborateurs ne seront pas touchés par ce changement. Le coût de l’opération et de cette refonte visuelle? «Quelque 3 millions de francs, annonce le directeur général. Ces coûts seront répartis sur deux ans.»

Marque «vieillotte»

Deux ans, c’est également la ­durée de la réflexion qui offre à une marque un peu «vieillotte», comme elle a été qualifiée hier, un nouvel élan. Rappelons que, depuis 2002, DSR a pris le virage de la croissance externe avec la reprise de plusieurs sociétés (LakeGourmet, Philippe Chevrier - Le Traiteur, RégéService, etc.). Elle s’est également développée sur des initiatives propres avec le lancement d’Hotelis en 2007, une agence de placements temporaires dédiée à la restauration et à l’hôtellerie qui réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 30 millions de francs. «Cette société est devenue incontournable sur le marché et, à terme, plus de la moitié des ventes sera réalisée avec des clients externes», projette son président, Pierre Boillat.

L’ensemble du groupe DSR a connu une croissance en 2013 (de 289 à 293 millions de francs de chiffre d’affaires). «C’est un résultat très positif compte tenu du fait que la société ExpoGourmet avait perdu le contrat de Palexpo, ce qui représentait un manque à gagner de plus de 15 millions de francs», poursuit le directeur général. L’exercice 2014 a très bien démarré pour le groupe vaudois. «Nous avons conclu plusieurs contrats, se félicite Andrew Gordon. Nous signons également notre retour dans le secteur des hôpitaux publics vaudois et envisageons une acquisition dans une activité connexe.» De plus, en avril, DSR commencera l’exploitation du Swiss Tech Convention Center à l’EPFL, un site où il vient d’investir 5 millions de francs.

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