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À ce stade, l’offre vaudoise semble encore loin de faire l’unanimité parmi les actionnaires de Générale-Beaulieu, voire même la majorité.

Santé

Le groupe vaudois Genolier propose de racheter la clinique Générale-Beaulieu à Genève

Le numéro deux des cliniques privées en Suisse profite d’une fusion manquée avec les Grangettes pour s’inviter dans l’établissement des hauts de Champel. Le Conseil d’administration de l’entité genevoise ciblée est en train de considérer l’avance. Mais certains copropriétaires se disent déjà opposés à un rapprochement

Genolier Swiss Medical Network (GSMN) a manifesté cette semaine son intérêt à reprendre, pour un montant non divulgué, la clinique genevoise Générale-Beaulieu (GB), a appris Le Temps. Selon des sources proches du dossier, la démarche du groupe vaudois, second plus grand acteur du pays en matière de cliniques privées, se veut «amicale». «Il est vrai que nous avons été approchés par GSMN. La situation est en cours d’examen», résume Andreas von Planta, président du Conseil d’administration de l’enseigne genevoise.

Pourquoi cet appel au rachat de l’une des trois plus grosses cliniques du bout du lac par la filiale d’AEVIS Holding? L’entrée en scène de l’entité détenue par les entrepreneurs franco-valaisan Michel Reybier (propriétaire de l’Hôtel La Réserve à Genève, fondateur des marques de saucissons industriels Cochonou et Justin Bridou) et Antoine Hubert (coactionnaire du quotidien l’Agefi) intervient dans le contexte d’une union manquée. En effet, G-B et sa concurrente les Grangettes prévoyaient de fusionner leurs activités, comme le révélait mercredi le magazine Bilan.

Une transaction avortée

Ce rapprochement, semble-t-il développé à grands frais depuis 18 mois, aurait permis de faire de l’ombre à l’Hôpital de la Tour, la plus grosse structure hospitalière privée du canton (206 millions de francs de chiffre d’affaires, contre quelque 103 millions pour les Grangettes et 90 millions pour la G-B). L’opération a tourné court suite à l’opposition de la Coopérative des médecins possédant 30% des parts de la G-B. Pourtant, le financier zurichois Norbert Kistler, l’autre actionnaire à concurrence d’un tiers suite au rachat de la participation de la famille Brolliet, y était favorable.

«La G-B appartenant à tout le monde (le solde des parts sont éparpillées dans le public, ndlr), n’appartient en fin de compte à personne», commente un observateur de la transaction avortée. En vertu de la répartition actionnariale prévue pour la nouvelle entité, les parts des médecins de la G-B auraient fondu à 12%. Celles de Philippe Glatz, propriétaire unique des Grangettes, auraient quant à elles atteint les 56%. Sachant qu’une culture très distincte sépare les deux établissements, une telle configuration n’allait pas dans l’intérêt des médecins actionnaires de la G-B. Car si la G-B met en avant, stricto sensu, le confort de ses praticiens devant l’efficacité comptable, les Grangettes, elles, cultivent une gestion financière des plus strictes en raison d’un taux d’endettement relativement plus important. «Les médecins ne voient que leurs intérêts à court terme, déplore notre interlocuteur anonyme. Mais ils savent compter. Il n’est donc pas exclu que les Grangettes reviennent à la charge, à condition d’en avoir encore les moyens, avec un argument clé, jusqu’ici manquant, à savoir une offre numéraire. Ou encore, en réactivant l’idée d’une Holding, avec deux cliniques théoriquement indépendantes.»

Pour l’heure, seule la proposition de Genolier, qui ne s’est jamais caché vouloir mettre un pied à Genève, Bâle ou Berne, figure sur la table. Les administrateurs de la G-B devraient donner leur avis prochainement. Mais à ce stade, l’offre vaudoise semble encore loin de faire l’unanimité parmi les actionnaires, voire même la majorité. «Les cliniques privées sont en permanence en contact pour discuter de possibilités de coopération. L’environnement réglementaire au niveau de la santé s’est durci ces dernières années et les alliances dans un but de réaliser des économies et d’améliorer les prestations pour les patients est un sujet de grande actualité», pondère Andreas von Palma.

Départ du directeur général

S’adosser à un groupe d’envergure nationale permettrait d’améliorer ses rapports de force avec les caisses maladies. Ce serait d’ailleurs en raison notamment de négociations difficiles avec les assureurs que le directeur général de la G-B, Philippe Cassegrain, a - comme l'a révélé Le Temps le 2 octobre dernier - quitté précipitamment ses fonctions à fin septembre dernier, après 22 ans d’activité. «L’échec de la stratégie de rapprochement avec les Grangettes n’est pas l’unique élément déclencheur de son départ. M. Cassegrain prévoyait effectivement de se retirer, mais au printemps 2016… on lui a finalement laissé deux jours pour faire ses bagages», conclut une autre source interne.

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